Amazone's Slave
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 Un diner presque parfait (pv Callia, Calista, Cassandre & Atalante)

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Callia Arestène
Première Princesse


Messages: 164

MessageSujet: Un diner presque parfait (pv Callia, Calista, Cassandre & Atalante)   Sam 7 Aoû - 17:07

Mère aurais du la faire exiler ! La faire disparaître, ne jamais lui permettre d’exister ! Voici que maintenant elle prenait ce que depuis toujours, elle avait du rêver prendre. Comment Cassandre pouvait elle agir aussi sottement ! Je reviens en Lesbos pour constater que tout par en morceau.

A l’origine je venais reprendre ma place au sénat, écoutant et jouant le jeu de la politique pour m’attirer la faveur des parties et restaurer mon influence. Mais voici qu’on annonce ma propre sœur, Cassandre, se présentant au sénat pour avoir tué son « premier » mâle. Beaucoup de question ont eu du mal à trouver une réponse. Que faisait Cassandre dans une bataille ? Cela était manifestement en rapport avec le fait que Cassandre et Calista se soit battues en duel dans l’arène ?

Quand mère a appris ça, elle a du faire une attaque… elle qui a eu la pitié d’épargner Atalante se fait aujourd’hui bien étrangement remercier. Au moins le rang de fiancée ne permettrait définitivement plus à cette cousine de prétendre au trône. Quelque part, cela tait la menace à jamais. Cela fait tout de même beaucoup de chose en l’espace des quelques heures depuis lesquelles je suis revenue. Et cela promet un premier repas en famille de qualité.

Je ne me suis pas attardée au sénat. Dés lors que ma petite sœur y avait fait son entré, je n’y avais plus ma place. Et voir mon collier sur le cou d’Atalante m’agaçais trop sur le moment, petite voleuse d’Oracle…les déesses ont parfois un bien étrange humour. Mina m’avait escorté en silence jusqu’au palais pour ne parler qu’une fois dans la chambre. Oui elle avait raison, bien plus que mon ressentiment personnelle, il y avait un danger pour nos plans. Atalante avait combattu les Perses et s’était taillée un nom jusqu’à Babylone, cela était fâcheux de la savoir désormais impliquée dans la famille royale. Il va me falloir savoir ces pensées…mais je la sais fervente anti-mâle, souvent cité en exemple par les Intransigeante et les Zélotes du sénat.

Je me change, pestant contre le sort des déesses. Oui je suis énervée, énervée contre mes sœurs qui semblent avoir agit comme des gamines depuis que je suis là. Je sais qu’elles n’en sont plus mais pour l’heure, j’ai l’impression d’être la seule princesse apte à régenter quelque chose…

Je fini par me calmer. J’ai tord et je le sais. Pour ce que j’ai entendu du sénat, Calista a parfaitement bien joué son rôle, et Lesbos se tient toujours très bien. Mère a eu raison de lui attacher une générale comme garde personnelle. Mais je suis surprise qu’elle n’ait pas mise quelqu’un sur mon dos. A-t-elle jugé d’après ma lettre que Mina suffirait à garantir ma sécurité ? Je ne peu que l’espérer. Mais Mina est bien des choses. Mon esclave, mon amante, mais aussi celle qui murmure la volonté Perse. Si mon amour pour elle ne me fascinait pas, je pourrai la jugé dangereuse, voir perfide. Non…Mina ne veut que mon bonheur…j’en suis certaine, c’est moi seule qui désire ce rapprochement entre Lesbos et Babylone… La nuit dernière, elle a fait disparaître l’ambassadeur Perse, un autre prendra sa place…

Ce soir nous mangerons toutes ensembles. Il me faudra mettre certaines choses au clair. J’ai très bien compris ce qui se passait, Cassandre est appréciée du peuple, des prêtresses et maintenant du sénat, elle ressemble de plus en plus, jour après jour, à notre vénérée ancêtre et le trône semble tout les jours lui être un peu plus accessible. Mais hors de question de ne pas y mettre mon grain de sel. Je compte bien faire comprendre à Cassandre et à Atalante le devoir qui va leur incomber, quitte à jouer la sœur bienveillante après avoir cracher mon feu au début du repas.

Mina se moque de moi mais je choisi de l’ignorer. Elle vaque souvent à ses affaires dernièrement, prétextant aux gardes que ce qu’elle fait, elle le fait en mon nom, je n’ai jamais contredis, cela fait partie de notre accord. Mais j’avoue que j’aurai aimé l’avoir à mes cotés ce soir, pour qu’elle puisse voir mes sœurs et les connaître elle aussi. En fin de compte, j’ai beau l’aimer, nous ne vivons pas vraiment dans le même monde.

Je suis habillée d’une robe blanche aux broderies rouges. Décolletée jusqu’au nombril, elle met en valeur l’espace entre me seins avec la chaînette dont les deux attaches sur chaque épaule s’y glisse. Des bracelets et des boucles d’oreille d’argent me donne un ton neutre contrasté par les bandelettes blanches teintées de rouge qui terminent ma robe fendue. Je suis prête pour notre petit repas, je sors de ma chambre et je m’en vais vers la salle plus intime que celle habituellement dédiés aux repas officiel. Nous allons avoir besoin de parler en toute discrétion je pense…

Je suis la première arrivée et je l’ai fait exprès. Je dois tenir mon rôle d’irréprochable si je veux pouvoir les faire culpabiliser un peu. Calista a bien géré Lesbos, mais cette histoire dans l’arène…Cassandre quand à elle…j’ai besoin de savoir quelle femme elle est devenue. Et Atalante…l’un des nombreux soucis de notre mère…une interrogation pour toute la famille. Je ne sais d’elle que ce que disent les rumeurs et ce que j’ai pu voir d’elle…Elle semble sensible au charme de Cassandre mais également sauvage. Il serait aisé d’en faire une ennemie, mais…peut être plus judicieux d’en faire une alliée ? Non…je ne vois en elle qu’une menace pour la famille. La marque sur son cou n’est pas récente, mère m’a dit qui elle était et il est hors de question que je laisse une illégitime s’approcher du trône. Ci cela se trouve, elle a mis au pas Cassandre, s’arrangeant pour que celle-ci l’aime et l’approche ainsi des Arestène. La question est, si cassandre devient reine, qui dirigera Lesbos, elle ou Atalante ?

J’enquêterai…et je me ferai ma propre opinion…après tout, dans un autre sens…Qui est Atalante ? Haïs t’elle les Arestène ? Si oui, pourquoi s’être battu aussi longtemps au nom de sa reine ? J’attends en silence que mes autres sœurs arrivent. Il n’est pas question que je reste ainsi sans rien faire…J’ai besoin de réponse, j’ai besoin de tâter le terrain.

Cela faisait deux ans que je n’avais pas vu mes sœurs…Deux longues années, et si ma colère était grande, voir Calista entrer me réchauffa le cœur. M’avançant vers elle, je l’enlace de toute la douceur d’une sœur. C’est bon, quelque part, de ce sentir à la maison, entourée des siens.

"Qu’il est bon de te revoir Calista, cela fait longtemps, et pourtant, tu n’as pas changé. Tu compte toujours mettre toute nos Amazone à tes pieds ?"

Je lui souris, masquant à elle, mais aussi à moi-même, pendant un instant, mais préoccupation. Je lui fais signe de s’assoir en attendant le couple qui faisait ce soir, parler de lui dans tout le royaume.

"Alors ? D’après mère, tu gère les affaires de la famille comme une vraie reine, mais ton goût pour les jolies prêtresses ont toujours tendance à te faire soustraire à certaine affaire trop ennuyeuse ?"

Les plats sont posés, mais les mets doivent attendre que nous soyons toutes là. Je regarde Calista dans les yeux, perdant quelque peu mon sourire.

"Je souhaiterai que tu me dises quelle déesse t’as soufflé l’envie de te battre contre Cassandre à l’arène, et à la confier à une Exarque…Mère était furieuse dans la lettre qu’elle m’a envoyé…mais tu ne pouvais pas savoir…Cependant…tu vas comprendre ce soir. La situation est plutôt cocasse…mais les solutions sont là."

Je voudrais tout lui dire avant l’arrivé de Cassandre et de sa fiancée, mais je sais que le temps est compté. Et puis…je ne veux que son appréhension de la situation ne la pousse à haïr Atalante en sachant qui elle est tout de suite. M’approchant de ma sœur, je lui souris, heureuse de revoir ses traits. Je suis revenue à temps pour les fêtes d’Arthémis, cela me permettra sans doute jouer un peu avec elle dans les épreuves, et de parler…La compagnie de Calista est vraiment agréable…

"Il paraît que tu fais tourner la tête à l’épouse de l’ambassadeur Corinthienne ? Alors dis moi…elle est si jolie que ça pour que tu risque le courroux de son époux ? mmm ?"

Je lui souris, écoutant sa réponse en reprenant ma place. La table était rectangulaire. En bout de table, une grande chaise pour mère, aucune de nous ne peu avoir l’audace de s’y assoir, même si elle n’est pas là. A la droite de la place de mère, ma chaise, à la gauche et donc en fasse de moi, c’est la place de Cassandre. A ma droite, Calista qui sera donc en face d’Atalante.

"J’ai vu Atalante au sénat. En fait j’y étais quand Cassandre est venue faire son annonce. Elles ne m’ont même pas vu, sans doute mes cheveux. C’est une belle Amazone non ? Un petit air sauvage, le regard intelligent…Cassandre n’a sans doute eu aucun mal pour tomber sous son charme non ?"

Je ris alors que j’entends des pas s’approcher, je me lève en même temps que Calista. Il faut faire bonne impression quand on veut garder invisible l’orage qui gronde.

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Calista Arestène
Seconde Princesse


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MessageSujet: Re: Un diner presque parfait (pv Callia, Calista, Cassandre & Atalante)   Sam 7 Aoû - 19:55

Assise sur ce siège confortable, devant la coiffeuse de ma chambre, je me laissais préparer par Pénélope, qui s’évertuait à me faire accepter une tenue digne de l’occasion qui devait nous réunir, moi et mes sœurs, ce soir, lors d’un diner organisé. Mon sourire mutin ne pouvait que rayonnait sur mes lèvres, tandis que mon minois taquin et joueur, laissait voir à ma servante si fidèle et dévouée, mon humeur du moment. Loin de moi l’idée de vouloir échapper à ce diner, qui serait pour moi l’occasion justement d’être réuni avec toute ma famille, ou presque. Ne manquerait que Mère, la Reine toute puissante. Secouant la tête de mécontentement en observant une toge somptueuse, que me présentait Pénélope, la tenant devant elle comme pour me faire voir ce qu’elle pourrait donner comme effet sur moi-même, je lui souriais malicieusement, tentant vainement de faire perdre patience à la jeune Amazone à mon service…

"Majesté… c’est un diner spécial ce soir. Il vous faut la plus belle tenue."

"Oui mais pas celle-ci Pénélope."

Une moue contrariée, et la jeune Amazone cherchait de nouveau dans mon imposante garde robe, la tenue adéquate, qui irait à merveille avec ma silhouette, mon teint de peau, ma chevelure. Pour ma part, je m’amusais à la voir ainsi à mes petits soins, ne pouvant qu’apprécier toute la dévotion qu’elle pouvait avoir pour moi. De nouveau, la voici qui se tenait face à moi, me dévoilant une tenue plutôt affriolante, composée de pans de tissus, attachés entre eux par quelques petites chaines d’or, le tout, taillés dans un tissu soyeux, légèrement transparent, qui ne devait presque rien cacher du corps qui devrait se dissimuler dessous…

"Celle-ci m’intéresse, approche."

Aussitôt, Pénélope s’approchait vers moi, confiante et insouciante, tandis que je glissais en un geste vif, mes mains sur ses hanches, l’approchant plus encore de moi, jusqu’à la plaquée contre mon corps, effleurant ses hanches de mes mains, glissant sur sa chute de rein…

"Elle semble parfaite celle-ci…"

"Majesté… vous ne voyez rien là…"

Son sourire complice ne pouvait que signifier que j’avais alors sa bénédiction, quant aux idées que je pouvais avoir en tête à ce moment précis. Mon regard pétillant de malice se perdait dans celui envouté de la servante, mes mains se logeant sensuellement sous sa toge, venant se poser avec envie sur ses fesses délicates, appréciant le contact de sa peau douce, tandis que j’affectionnais particulièrement de masser ses petites fesses. Un soupire de satisfaction de sa part, et je l’obligeais à venir prendre sur mes cuisses, assise à califourchon, massant avec envie ses fesses, tandis que Pénélope ondulait toujours plus lascivement sur celles-ci, venue enlacer mon cou de ses bras…

"Majesté… vous allez être en retard…"

Un autre soupire, et je lui volais un baiser passionné, que je clôturais en gardant sa lèvre inférieur prisonnière des miennes, lui suçant avec gourmandise, mes yeux se plongeant dans les siens. Je pouvais sentir son frottement sur mes cuisses enivrant, toujours plus passionné, tandis que je gardais bien en mains ses fesses, les pétrissant avec malice, fougue…

"Tu as raison… habille moi Pénélope"

Se relevant, avec regret certainement, tout comme je pouvais en ressentir moi-même, Pénélope s’exécutait pourtant sans objections, venant se placer dans mon dos, attendant patiemment que je daigne moi-même passer en position verticale, ce que je fis d’ailleurs aussitôt. Là debout, me laissant entièrement aux bons soins de ma suivante, je levais les bras pour mieux l’aider dans sa tâche, celle-ci me déshabiller rapidement, avec une facilité presque déconcertante. Ainsi, je me retrouvais nue, devant cette servante qui s’employait maintenant à me vêtir de cette tenue élaborée de mains de déesse presque. Pénélope s’afféra donc à positionner comme il se devait, sur mon buste, les pans de tissu. Ceux-ci tombaient en cascade sur ma poitrine, comme deux rideaux, ne masquant qu’à peine leurs courbures, laissant un décolleté jusqu’au nombril au centre, tandis que le tout se croisait en mon dos, sur ma nuque, ainsi qu’à la ceinture. La tenue se détaillait comme le devant, pour le dos, mais laissait le haut de mes fesses nues, ainsi que la naissance de mon sillon, avant de se croiser de nouveau, pour entourer mon bas ventre, le haut de mes cuisses. Puis, de nouveau, deux longs pans de tissus, pour cacher à peine mes jambes, ouverts entièrement sur les côtés, ouverture qui remontait jusqu’au haut de mes cuisses, laissant ainsi voir aisément les courbures de mes fesses…

"Voici Majesté, vous êtes presque prête."

Je faisais un tour sur moi-même, amusée de faire voler ses pans de tissus, retenues ici et là par quelques chaines d’or très fines, tandis que Pénélope me contemplait d’un regard désireux…

"Ça ne cache pas grand-chose Pénélope…" fige je remarquer alors, souriante de malice…

"Cette tenue est faites pour vous Majesté."

J’embrassais avec passion ma fidèle servante, avant que celle-ci ne me coiffe pour le diner, peignant mes cheveux, et glissant dedans une broche magnifique, puis, je me rendais enfin en ce salon intime, où m’attendait déjà, comme je pouvais le voir alors, ma grande sœur, Callia. Deux années déjà qu’elle était partie loin de notre patrie, et aujourd’hui, la voici qui se tenait devant moi, rayonnante de beauté, charismatique, aussi belle que dans mes souvenirs. Émue de ces retrouvailles, je me jetais aussitôt dans ses bras, me blottissant à elle affectueusement, avant de la contempler, encore et encore, voulant inscrire à jamais dans mes souvenirs, cet instant précis…

"Qu’il est bon de te revoir Calista, cela fait longtemps, et pourtant, tu n’as pas changé. Tu compte toujours mettre toute nos Amazone à tes pieds ?"

"Aucune arrive à t’égaler Callia… je suis si heureuse de te revoir. Tu es restée la même que dans mes souvenirs."

Ma voix légèrement tremblante, à cause de l’émotion ressentit alors, je prenais place comme suggérer par ma sœur, à ses côtés, l’écoutant avec enchantement, ravie d’entendre de nouveau sa voix, partageant sa présence si reposante, apaisante pour moi…

"Alors ? D’après mère, tu gère les affaires de la famille comme une vraie reine, mais ton goût pour les jolies prêtresses ont toujours tendance à te faire soustraire à certaine affaire trop ennuyeuse ?"

"J’essais de tenir mon rôle de princesse, du mieux que je le puisse… mais ce n’est pas un exercice évident tous les jours"

Je tirais la langue d’une manière taquine, petite filoute que je pouvais être parfois, surtout quand je pouvais avoir une idée précise en tête. Il était alors très difficile de me faire renoncer à cette idée, et à m’obliger d’exercer mes fonctions. Toutefois, je fronçais le nez lorsque je vis le regard de ma sœur changer, lorsque celle-ci évoqua l’incident de l’arène. Je baissais alors la tête de honte, m’étant rendue compte depuis un moment maintenant, l’erreur que j’avais pu commettre en ce jour…

"Je suis désolée Callia… je n’ai pas mesuré toute l’ampleur de cette décision, que je pensais être, sur le moment, la bonne…"

Soudain, aux paroles de ma sœur, à propos de Danaé, je hoquetais de surprise et de gêne, sentant mes joues s’empourprer de rouges malgré moi, ressentant cette angoisse légère, semblable à celle que j’avais pu avoir il y a quelques années à peine, lorsque j’étais prise par l’une de mes sœurs, ou une garde, à batifoler avec une novice, dans les jardins ou recoins du palais. Bafouillant sous la surprise, je tentais de trouver une excuse. Naturellement, c’est toujours dans ces moments là, que l’inspiration vous fait défaut…

"Je… je… je peux t’expliquer Callia…"

Perdant mon regard dans les mets disposés devant nous, sur la table imposante rectangulaire, je jouais de mes doigts d’une manière anxieuse, la tête légèrement baissée…

"Elle m’a hypnotisé… elle est si rayonnante, attirante… innocente… et puis son mari ne la mérite pas, elle serait tellement bien parmis nous"

Mon visage se relève, et je retrouve cette force de caractère qui m’a toujours habité. Ma décision était déjà prise à son sujet, et l’avenir que je lui réservais se devait d’être déjà deviné par ma sœur. Plongeant mes yeux dans les siens, emplis de malice, de joie également et surtout d’amour, je lui souriais tendrement, lui laissant aisément comprendre que je n’étais pas prête à renoncer à cette ambassadrice…

"J’ai vu Atalante au sénat. En fait j’y étais quand Cassandre est venue faire son annonce. Elles ne m’ont même pas vu, sans doute mes cheveux. C’est une belle Amazone non ? Un petit air sauvage, le regard intelligent…Cassandre n’a sans doute eu aucun mal pour tomber sous son charme non ?"

Une nouvelle grimace sur mon visage, un frissonnement dans mon dos, dont je ne peux empêcher la progression le long de ma colonne. Je cherchais dans le regard de Callia la véritable raison de sa question, tentant vainement de lire en son esprit, ses émotions. Mais à ce petit jeu, ma sœur restait la meilleure. J’haussais les épaules, entendant des rires dans le couloir, qui m’obligèrent à me pencher pour murmurer à l’oreille de ma sœur…

"Je ne l’aime pas du tout cette Exarque…. moi elle me fait peur."

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Cassandre Arestène
Troisième Princesse


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MessageSujet: Re: Un diner presque parfait (pv Callia, Calista, Cassandre & Atalante)   Sam 7 Aoû - 23:23

J’arrêtais Atalante juste avant d’arriver dans salle à manger des appartements royaux, où mère, mes sœurs et moi avions l’habitude de prendre nos repas dans l’intimité de notre famille. Cette pièce m’a toujours évoquée la chaleur, l’amour et l’affection familiale et je garderais toujours d’elle de merveilleux souvenir où le temps d’un repas nous étions un foyer normal. Un instant j’évoquais dans mon esprit les repas de mon enfance, Calista et moi jouant avec les petits pois tant détestés dont la seule réelle valeur a toujours été celle de projectile, pendant qu’une Callia exaspéré mais aussi pleine d’indulgence, tentait vainement de nous gronder en nous faisant les gros yeux alors que notre mère, sereine, posait un regard chargé d’amour et d’affection sur sa progéniture si turbulente mais qui devait être pour elle, ô combien reposante, comparée au tracas d’une monarque en exercice. Et aujourd’hui j’amenais à cette table un nouveau membre de notre famille et je priais pour qu’un jour elle aussi puisse connaître ces instants de bonheurs. Cependant je me doutais bien que ce repas n’en ferait certainement pas partie.

Maintenant qu’on était toute proche de la confrontation avec mes sœurs je sentais la nervosité me gagner. Atalante était importante pour moi et je souhaitais qu’elle le devienne également pour Callia et Calista. Ma promise qui n’avait jamais eu de véritable famille, entrait dans la mienne et je ne pouvais supporter qu’elle soit rejetée et je ferais tout ce qu’il faudrait pour que se ne soit pas le cas. J’inspectais minutieusement la tenue de ma fiancée, réajustement un drapée par ci par là et glissant une mèche rebelle derrière son oreille.

« Oublis pas de garder ton calme, Aty. » Lui répétais-je au moins pour la dixième fois en la regardant dans les yeux. « Je t’aime de tout mon cœur Aty mais j’ai aussi une grande affection pour mes sœurs, ne m’oblige pas à m’opposer à elles plus que je le devrais s’il te plaît. »

Sur ce je fermais les yeux et expirais longuement pour me calmer moi-même. La dernière chose dont j’aurais besoin serait de dire de bêtises sous le coup de la nervosité. Je devais au contraire être maîtresse de moi-même pour parvenir à manœuvré la conversation dans le sens que je souhaitais et éviter que cela débouche entre une animosité singulière entre mes sœurs et ma promise. Je me laissais quelques secondes de répits avant d’ouvrir à nouveaux les yeux et de saisir la main de mon aimée pour la faire entrer avec moi dans la salle à manger.

Elles étaient déjà toutes les deux là. Assises à leurs places qui avaient toujours les leurs. Elles discutaient à notre arrivée mais ne turent dès l’instant où nous pénétrâmes dans la pièce. Callia, entraperçue au Sénat alors qu’elle quittait celui-ci, avait un peu changée durant ses deux ans d’absence, sa coupe de cheveux en était un cependant significatif tellement il changeait son apparence. Quant à Calista, je ne l’avais pas croisée depuis deux bonnes semaines, mais je me rappelais très bien la douceur des courbes que ses vêtements laissaient si généreusement admirer. J’avais l’impression de la redécouvrir tout comme Callia, alors que j’avais compris seulement agenouillée sur le sable de l’arène honorant son sanctuaire de ma propre bouche, qu’elle m’accordait depuis très longtemps une attention toute particulière. Je pressais la main d’Atalante une dernière fois autant pour lui donner du courage que pour en rechercher à son contact, avant de la lâcher et de contourner la table, d’une démarche que j’espérais sereine.

Je me penchais alors sur Callia, pour l’étreindre.

« Callia, je suis heureuse que tu sois revenue ma sœur. Tu m’a terriblement manquée tu sais ? J’espère que mère va faire payer à ces barbares ton emprisonnement. Quand je pense que ses mâles ont osé s'attaquer à une Arestène! Des barbares sans fois ni lois à mettre dans le même panier que ces maudits perses! En tout cas moi je ne suis pas prête de leur pardonner. » La saluais-je en lui planquant un baiser fraternel sur les lèvres.

Je passais ensuite à Calista que je serrais contre moi de la même manière.

« Ravie de te revoir toi aussi Calista. Je te remercierais jamais assez de m’avoir infligé TOUTES tes punitions, même si je dois dire que j’ai une préférence pour celle de m’envoyer comme simple novice chez les archères. Sans cela je n’aurais jamais rencontré mon Atalante. » Lui dis-je avec un sourire sincère.

J’entrais dans le vif du sujet, ne voulant pas retarder la présentation de ma fiancée restée à l’entrée de la salle que je rejoignais rapidement, m’emparant à nouveau de sa main.

« Elle parlant d’elle. Laisser moi vous présenter la fiancée que j’ai choisie, votre future sœur, Atalante Cerca Arestène. » Dis-je avant de continuer les présentations en désignant mes aînées. « Aty, voici mes sœurs, qui seront bientôt les tiennes. Callia que tu ne connais pas encore et Calista que tu dois déjà avoir rencontrée. »

J'eus la douloureuse impression d'être soudain dans une pièce où deux chattes effarouchés et méfiantes contemplaient une chienne étrangère pénétrant sur leur territoire avec l'air de se demander si elles devaient cracher et griffer pendant que celle-ci leur rendait admirablement bien la pareille. Ca ne se passait pas aussi mal que j'aurais pu le craindre...

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Dernière édition par Cassandre Arestène le Lun 9 Aoû - 18:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un diner presque parfait (pv Callia, Calista, Cassandre & Atalante)   Dim 8 Aoû - 22:04

Je suis Cassandre au travers des méandres du palais... Je découvre amusée, les lieux qu'elle a parcouru de ses petits pieds d'enfant. Ce n'est qu'une petite escapade avant de rejoindre ses sœurs, mais découvrir ces lieux au travers de ses yeux me permet de mieux la comprendre. Je devine sa frustration de toujours être suivie par ses servantes et le corps de gardes attachées à sa suite. Finalement, mon enfance misérable ne me parait plus aussi cruelle. Je courrais dans les bois, m'éveillant à la louve en moi. Je chassais le cerf et le sanglier, m'abreuvant aux sources claires des collines... Cassandre, elle recevait des cours de maintien, apprenait à sourire en toute circonstance... J'envie sa belle écriture, fine et élégante. Elle sait aussi parler devant les sénatrices, les dignitaires sans leur donner l'impression qu'elle risque de les dévorer à tout instant. Je découvre le petit passage dérobée le long duquel elle se glissait pour échapper à sa préceptrice pour aller jouer dans les jardin... Elle me montre du haut d'un balcon, le bassin aux poissons rouges et aux grenouilles qu'elle passait des heures à contempler tandis que sa sœur ainée la cherchait pour l'emmener aux bains... Je ris, touchée par ses confidences, charmée par ses petites anecdotes... J'effleure doucement sa main, l'entrainant dans un couloir déserté... Mes yeux dans les siens, je caresse doucement ses lèvres du bout des doigts....

"- Amusants ces petits détours dans ton enfance..."

Mon ton est ironique mais mes yeux brillent tandis que je découvre la passion dans ses yeux... Je réprime un petit rire , conservant mon air faussement moqueur... Mon cœur bat soudain plus fort...

"- Comme tu as du souffrir au milieu de tout ce luxe tandis que moi, je devais me battre pour survivre..."

Je pose mes lèvres sur les siennes...

"- Je te montrerais peut être la cascade où je me baignais nue, autrefois..."

Je pose mes mains sur ses hanches. Je baisse la tête pour embrasser l'espace de peau nue que découvre son décolleté, juste entre ses seins...

"- Pauvre petite princesse malheureuse... Pauvre petite princesse prisonnière... Je suis vraiment touchée par ton enfance malheureuse..."

Mon ironie n'est pas mordante loin de là... Il y a une pointe d'affection que je ne peux cacher et qu'elle ne manque de saisir... Je l'entraine jusqu'à un fauteuil avant de l'assoir doucement... Je tourne devant elle, voulant déceler en elle le regard admiratif qu'elle m' a jeté tout à l'heure... Ma robe vert pale est simple, mais elle moule merveilleusement sur mon corps élancé. Presque transparente en contre jour, elle n'en reste pas moins sage. Nul décolleté extravagant mais une simple ouverture en V dans mon dos... Mes bottes confortable d'archère me donnent un petit air sauvage et indompté. J'ai presque l'air d'une cavalière scythe le jour de son mariage... J'ai posé sur mon cou un torque doré dons les boules aux extrémités représentent une archère tuant un serpent marin. A part deux bracelet en argent, présent de Cassandre et une ceinture ébène et bronze à laquelle j'ai ceint mon poignard extravagant, je ne porte aucune parure... Mes cheveux sont attachés à la base de ma nuque par une cordelette noir et or...

"- Je te plais, ainsi ? "

Je n'attends pas sa réponse : Ses yeux ont parlé pour elle. Je ne ressemble guère à l'image que l'on se fait d'une princesse. Mes gestes, ma démarche souligne l'existence de la louve en moi... Mes yeux , possédés un instant par le regard de mon alter ego animal, se posent sur ma fiancée, la couvant d'un regard jaloux... Je m'approche d'elle, souple et féline et je m'accroupis devant le fauteuil où je l'ai conduite... Cassandre grimace impatiente . ses sœurs nous attendent et elle crains l'orage qui s'annonce. Quand à moi, je n'en ai que faire... Je ne crains pas ses sœurs. Depuis quand une louve se soucie t'elle des biches et des daines ? Je ris devant son air impatient et je tends ma main devant elle. Une petite bague en argent, simple, sans ornement est glissée à mon annuaire...

"- Tu vois cette bague ? Elle n'est guère précieuse comparée à toutes les merveilles que tu possède. C'est la seule fois où je me suis acheté une chose futile... J'y ai fait gravé mes initiales... A-A... Pour toujours avoir sur moi mon nom véritable..."

Doucement, devant ses yeux, je porte mon doigt à ma bouche... J'en retire la bague entre mes lèvres... Je saisis doucement son pied gauche entre mes mains, remontant délicatement celui ci vers moi. Je pose mes lèvres sur le dos de son pied, consciente du trouble que ce simple geste cause en elle... Mes yeux de louve possessive plonge à nouveau dans les siens tandis que sans un mot, je saisis son petit doigt de pied entre mes lèvres... Ma langue s'insinue entre ses orteils, tandis que d'une langue agile, je glisse la bague sur son petit doigt...

"- Voilà ! Ce n'est pas grand chose, mais cela vient de mon cœur aimant..."

Je ne résiste pas à l'envie de lécher une dernière fois ses orteils , avant de me relever et de lui tendre la main pour l'aider à se redresser... Elle veut dire quelque chose mais je l'en empêche, posant un doigt sur ses lèvres...

"- Tu me diras cela plus tard... Mettons que ce sera ma récompense si je ne joue pas trop les sauvages..."

Les servantes que nous avions semées nous retrouvent enfin. Elles nous guident vers la salle à manger où nous devons retrouver les sœurs de mon aimée. Je m'amuse de la prévenance mêlée d'exaspération qui se lit dans les regards des suivantes de ma cousine... Nous finissons par arriver au seuil de la salle à manger. Cassandre pose sa main sur mon avant bras, et me regarde l'air inquiète. Elle rajuste ma tenue et coiffe une de mes mèches qui tombe sur mon front... Je souris : j'aime ses petites attentions...

"- Oublis pas de garder ton calme, Aty. Je t’aime de tout mon cœur Aty mais j’ai aussi une grande affection pour mes sœurs, ne m’oblige pas à m’opposer à elles plus que je le devrais s’il te plaît."

Je la regarde, mes yeux de louve brillants dans l'ombre... Un petit sourire carnassier apparait sur mes lèvres...

"- Je serais sage... En tout cas, je ne mordrais pas la première..."

Cassy me regarde, dubitative avant de changer l'expression de son visage et d'afficher un joyeux sourire à peine forcé. Nous pénétrons dans la salle à manger... Les deux autres sœursArestènes nous dévisagent tandis que nous avançons, Cassandreen avant, moi en retrait, silencieuse et inexpressive. Cassandre prend ma main et la presse dans la sienne, comme pour me donner du courage. Étrange... Pense t'elle que j'ai peur de ces deux femmes ? J'ai affronté bien pire danger au cours de ma carrière militaire. Néanmoins, je me tiens en retrait, observant ce terrain de manœuvre qui ne m'est guère familier... Je n'ai jamais eu de famille, si ce n'est mes filles... Rencontrer toutes mes cousines en même temps est une nouveauté pour moi... J'ai toujours rêvé de vivre ce moment où enfin acceptée parmi les miennes, je prendrais la place qui m'est du au sein de la famille royale. J'ai aussi rêvé de l'instant de revanche où je ferais plier ces princesses vaines devant l'évidence, devant mon destin qui était de devenir reine de Lesbos... Ces rêves étaient vains, je m'en rend compte à présent. Je dois vivre dans la réalité et non dans le fantasme de mes envies de revanche. Je suis Cassy, sans me montrer humble, sans arrogance non plus... Je suis là et mes cousines devront m'accepter telle que je suis et telle que je serais toujours. Après le petit numéro de Sélène, nulle ne croira plus que je suis une descendante directe de Cassiopée mais j'ai récupéré mon nom à jamais. Plus aucune force au monde ne pourra m'empêcher de rester une Arestène désormais... Je ne suis plus une rivale à présent, mais je me doute que mes cousines ne me croiront guère si je leur dis que je n'ai plus aucune rancœur à présent. Calista et moi ne sommes guère amies... Quand à Callia, je ne la connais pas, mais j'ai vu son regard lorsque Sélène nous a unie Cassandre et moi...

"- Callia, je suis heureuse que tu sois revenue ma sœur. Tu m’a terriblement manquée tu sais ? J’espère que mère va faire payer à ces barbares ton emprisonnement. Quand je pense que ses mâles ont osé s'attaquer à une Arestène! Des barbares sans fois ni lois à mettre dans le même panier que ces maudits perses! En tout cas moi je ne suis pas prête de leur pardonner. "

J'avais oublié que Calia avait disparue... Elle a été emprisonnée par des barbares ? Quels barbares ? Je ne connais pas le détail de cette histoire... Je réprime une grimace... Je pose mes yeux sur la sœur ainée de Cassandre... Prisonnière pour une amazone, je sais ce que cela veut dire... La fureur naturelle que les mâles expriment envers les femmes est décuplée lorsque des amazones tombent entre leurs mains. Je veux bien croire que les mâles qui l'ont capturée l'aient traités mieux que les autres prisonnières une fille de la reine de Lesbos, mais je ne peux m'empêcher de trouver que le sourire radieux de ma future belle sœur est factice... Cassandre serre ensuite contre elle la cadette, Calista.

"- Ravie de te revoir toi aussi Calista. Je te remercierais jamais assez de m’avoir infligé TOUTES tes punitions, même si je dois dire que j’ai une préférence pour celle de m’envoyer comme simple novice chez les archères. Sans cela je n’aurais jamais rencontré mon Atalante."

Je devine au petit sourire pincé de Calista que ma présence la met mal à l'aise. Elle sait combien je méprisais les Arestènes, combien je dénigrais leur mode de vie... Elle sait aussi combien sa décision de me confier sa jeune sœur a faillit tourner au drame... Lorsque j'y repense d'ailleurs, je me rends compte que si je n'ai rien fait pour lui causer du tort, j'ai fermé les yeux sur les brimades qu'elle a reçu... Un bref sentiment de honte m'étreint et je serre doucement la main de Cassandre, geste d'excuse silencieux... En tout cas, si je n'ai aucune idée préconçue sur Callia, je sais que je n'apprécie guère la "Princesse feu au derrière" comme nous l'appelons au sein de la caserne... Cassandre me tire par la main, m'avançant devant elle.

"- Elle parlant d’elle. Laisser moi vous présenter la fiancée que j’ai choisie, votre future sœur, Atalante Cerca Arestène."

Je devine dans leurs yeux la méfiance et la défiance... Callia était au sénat et elle doit avoir bien compris ce qui c'est passé. Quand à Calista.... Je crois qu'elle doit se mordre les doigts de m'avoir confié sa précieuse petite sœur... Je compte bien le lui faire regretter un peu plus : Si Anystène n'a pas réussi à faire de Cassy une lutteuse potable, je compte bien remédier à cela pour le plaisir de voir la fière et licencieuse Calista devenir l'esclave d'honneur de ma promise...

"- Aty, voici mes sœurs, qui seront bientôt les tiennes. Callia que tu ne connais pas encore et Calista que tu dois déjà avoir rencontrée."

Je hausse un sourcil, amusée par l'hésitation imperceptible dans la voix de Cassy... J'incline lentement la tête, refusant d'incliner le haut du corps pour les saluer selon le protocole... Je n'ai jamais eu l'échine souple d'ailleurs... Sauf quand il s'agit des petits pieds adorable de ma chère Cassandre... Je crois que je pourrais me courber à longueur de journée pour les embrasser. Cela lui fait tellement plaisir... Je souris doucement à cette idée avant d'ouvrir enfin ma bouche :

"- Calista..."

Je prononce le nom de la cadette en premier faisant fi des habitudes...

"- C'est un plaisir de te revoir..."

L'ironie de mon ton ne dois guère lui échapper. Nous nous étions copieusement disputée à propos de l'ambassadeur d'Athènes et de ses petits pamphlets...

"- Callia..."

Je veille à conserver un ton le plus neutre possible...

"- Je suis contente de te rencontrer enfin... J'espère que l'emprisonnement n'a pas été trop dur ? Ces... mâles sont des monstres... Je ne sais que trop bien ce qu'ils infligent à leurs prisonnières... Qui étaient ils au fait ? "

Bizarrement, je n'obtiens pas la réaction que je souhaitais, ni de réponse d'ailleurs... Nulle trace de recul inconscient , ni de désarrois au rappel de ces moments difficiles.... Qu'est ce que cela veut dire ? Callia serait elle froide et insensible à ce point ? Étrange... Je souris doucement, sereine avant de me reculer pour laisser Cassandre passer devant et s'assoir... Je m'assoie en face d'elle, là où l'on m'a placée...

"- Est il utile de préciser que je suis enchantée d'être parmi vous ? Cassandre vous aime tellement toutes les deux... j'espère que nous nous entendrons mieux, à présent..."

Je regarde Calista dans les yeux affichant un petit sourire malicieux et moqueur... Cassandre lève les yeux au ciel... Je pose ma main sur la sienne. Sois sans crainte, je serais sage... Je te l'ai promis...
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Callia Arestène
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MessageSujet: Re: Un diner presque parfait (pv Callia, Calista, Cassandre & Atalante)   Mar 10 Aoû - 16:47

Calista restait comme je l’aimais, pleine d’innocence et de malice à la fois. Elle avait toujours été la plus « bonne vivante » de nous trois et c’était là sa force. Aussi je ne peu pas vraiment lui en vouloir d’avoir exercé ses charmes sur une ambassadrice.

Quand à Atalante, la réponse de Calista me fit sourire. Son murmure de jeune fille apeurée ne disait qu’une chose, elle n’avait pas confiance en l’Exarque et pour le moment, moi non plus. Mais je m’étais promise de la tester, de la sonder pour voir qui elle était. Mère était formel, Atalante n’avait pas grandi avec nous, mais elle nourrissait une certaine rancune pour les Arestène, voir de la haine, car elle savait son histoire. Dés lors, il est vrai que j’étais en droit de me poser bien des questions sur ses motivations.

Quand justement la porte s’ouvrit, nous les attendions. Cassandre et Atalante…qui aurait cru que Cassandre serait la première à se fiancer ? Tout le monde aurait raisonnablement misé en premier sur Calista, moi j’étais trop amoureuse de la politique et au jupon de mère pour me soucier de l’amour véritable. Cassandre ma petite sœur qui viens m’étreindre de tout son amour, cela faisait du bien de rentrer chez soi.

« Callia, je suis heureuse que tu sois revenue ma sœur. Tu m’a terriblement manquée tu sais ? J’espère que mère va faire payer à ces barbares ton emprisonnement. Quand je pense que ses mâles ont osé s'attaquer à une Arestène! Des barbares sans fois ni lois à mettre dans le même panier que ces maudits perses! En tout cas moi je ne suis pas prête de leur pardonner. »

Desserrant mon étreinte et attendant qu’elle recul d’un pas, je lui souris, aussi radieuse que possible, souhaitant ne pas trop me souvenir de ces instants de disgrâce. Mais la comparaison avec les Perse manque de me faire tiquer, je lui réponds comme pour lui signifier un détail.

"Il y a bien des choses impardonnables dans ce monde, mais encore faut il trouver les coupables ma sœur."

Mon regard c’est alors tourné vers Atalante. Suptile sous entendu ? Ou n’était-ce que paranoïa de penser que mes yeux se posant sur, elle je sous entendait qu’elle était coupable de quelque chose ? Mon sourire aimable envers elle coupa cours à toute pensée.

« Elle parlant d’elle. Laisser moi vous présenter la fiancée que j’ai choisie, votre future sœur, Atalante Cerca Arestène. Aty, voici mes sœurs, qui seront bientôt les tiennes. Callia que tu ne connais pas encore et Calista que tu dois déjà avoir rencontrée. »

Atalante fait le choix de se présenter en premier à Calista. Erreur de protocole ? Non, c’est son droit et je ne m’en offusque pas. Il est amusant de constater un certains malaise entre ma sœur et Atalante. Visiblement, j’ai raté bien des choses pendant mon absence. Lorsqu’elle se tourne vers moi, j’accompagne son geste du miens. Je baisse aussi la tête sans baisser l’échine, geste un peu inhabituelle pour une Arestène qui n’a pas à exécuter pareil mouvement, mais je ne tiens pas à être la première à agresser l’autre, au contraire, je compte bien être aimable et droite à la fois.

"- Je suis contente de te rencontrer enfin... J'espère que l'emprisonnement n'a pas été trop dur ? Ces... mâles sont des monstres... Je ne sais que trop bien ce qu'ils infligent à leurs prisonnières... Qui étaient ils au fait ? "

Là elle me prend de court. L’évocation de mon emprisonnement par Cassandre est naturelle, Calista avait fait le choix de ne pas l’aborder, sans pour ne pas me gêner. Mais qu’Atalante me pose de telle question…Je trouve cela inapproprié, mais bon…c’est une guerrière, sans doute devrais-je me faire à sa brusquerie.

Infliger à leur prisonnière…c’est peut être l’expression…Mais subir les assauts répété de mâles en rut excité par l’idée de dominer une de ces femmes qui se prétende de par leur peuple, supérieur à l’homme…le terme infliger me semble faible…Jamais je ne pourrais leur pardonner…Dommage que les Perse ne les ont jamais retrouvé, je les aurai tué de ma main.

"Des Barbares du Sud, sous doute en expédition. Je préfère honorer la mémoire des guerrières qui ont combattu jusqu’à leur dernier souffle plutôt que de repenser sans cesse à cette disgrâce…Et puis…grâce à Mina et ses amis, nous avons pu nous enfuir, te devrais rencontrer Mina, Atalante, c’est une guerrière remarquable, bien qu’étrangère à nos méthodes de combat, ou aux batailles d’envergure, je l’ai amené ici à Lesbos, je te la présenterai une autre fois si tu le ."

Atalante semble intriguée. Ais-je suscité sa curiosité ? Le Satrape m’a dit que certaine guerrière pourrait être intriguée par mon histoire, surtout si elles avaient été présente en Cyrénaïque ou en Egypte, ce qui était le cas d’Atalante. Oui…je suis renseignée…

Je m’assois à ma place. J’ai ma petite idée pour aborder les sujets importants que mère souhaite voir réglés avant son retour.

"- Est il utile de préciser que je suis enchantée d'être parmi vous ? Cassandre vous aime tellement toutes les deux... j'espère que nous nous entendrons mieux, à présent..."

Je souris. On dirait que cette guerrière a le sens de la repartie et du mot. Visiblement, elle ciblait là Calista. Dangereux tout de même d’être agressive ainsi même s’il ne s’agit que d’insinuation. Je tends la main pour prendre la coupe de Cassandre, afin du lui servir le vin, enchaînant ensuite avec Calista, puis Atalante.

"Atalante, notre mère va, comme tu dois t’en douter, s’intéresser plus encore à toi désormais. Tout Lesbos va s’intéresser plus encore à toi désormais. Tu es la première Amazone à être fiancée à l’une des filles de la reine."

Je donne un peu le ton, mais j’escompte que mon sourire lui montre que je ne suis pas là pour me dresser contre elle.

"Aussi est il nécessaire de te saluer, Atalante Cerca Arestène, fiancée de ma jeune sœur Cassandre. Et de te remercier, car grâce à toi, j’espère bien voir en notre soeur aimée, un comportement digne de la future reine qu’elle risque d’être. Et toi Cassandre, ma sœur, je te remercie de m’offrir aussi beau cadeau que cette nouvelle que j’apprends à mon retour, mère en sera…toute agitée j’en suis certaine. A vous deux donc, puisse les déesses bénir votre union."

Je porte le vin à ma bouche et le bois, fermant les yeux. Oui leur union…Par les déesses Atalante, il vaut mieux pour toi que ton amour pour ma sœur soit sincère, sinon tu perdras bien plus que ton rang. Lorsque je repose ma coupe, je pose mon regard sur les met. Des viandes séchées en sauce, des légumes et des coupes de fruit, de quoi complaire à toutes les préférences, j’invite Cassandre à se servir la première, puis ce sera au tour de Calista, de moi-même puis d’Atalante.

"Maintenant que nous sommes toutes ici, nous allons pouvoir parler de certaines choses. Calista, tu es sans doute la seule à ne pas le savoir puisque Cassandre a du le découvrir assez tôt mais Atalante n’est pas née Cerca, elle est née Arestène. La marque sur son cou, elle l’a depuis la naissance, elle l’a reçu de la sœur de notre mère, notre tante, qui a fuis Lesbos pour l’amour d’un homme."

Je laisse un temps à Calista pour digérer la nouvelle avant de reprendre, la coupant purement et simplement.

"Atalante est une guerrière talentueuse, mais mère ne lui fera pas confiance. Et excuse moi Atalante si j’insiste, tu es forcée d’avouer que pour une avertie, ton comportement et tes messes basses sur nous, filles légitimes d’Arestène, n’avaient pas vraiment de quoi inspirer confiance à ce que j’ai entendu. Mai si finalement tu as fini par aimer l’une d’entre nous, suis-je en droit de supposer que ton point de vue a évolué ? Ou est-ce une tentative pour toi de te rapprocher d’un pouvoir dont, d’en d’autres circonstances, tu aurais pu en réclamer la légitimité ?"

Je pense avoir créé un blanc. Ce qui doit surprendre Atalante, c’est que je ne dis pas tout ça dans un ton de reproche. Non, je ne cherche qu’à poser les choses, mais pourquoi ? La réponse ne tarde pas à venir. J’ai des plan Atalante…j’ai mes plans et mes bénéfices à tirer en t’aidant.

"Dans la pire des situations -et je dis bien la pire, donc peu probable-, mère pourrait décider de revenir sur sa décision, de déclarer Atalante comme illégitime, fille d’une Amazone exilée donc, par conséquence, te retirer ta citoyenneté si elle te juge trop dangereuse, et rendre vos fiançailles nulles. L’Oracle, je ne sais pas encore son nom…a eu une excellente initiative, les déesses sont avec toi Atalante, ou avec Cassandre, peut être se sont elles éprises de votre liaison ? Ou peut être se moquent elles de nous comme tu pourrais te moquer de nous. Mais j’ai vu comme un signe au moment où elle a volé mon collier pour qu’il se retrouve à ton cou."

Je me sers à mon tour avant de passer le bol de viandes séchées à Atalante, la regardant dans les yeux.

"J’ai envie de te faire confiance Atalante…mais comprend moi bien, j’aime ma sœur, plus que moi-même. J’aime Lesbos au moins autant que mes sœurs. Je suis obligée d’éprouver des réserves vis-à-vis d’une illégitime reconnue par ses guerrières comme étant une vraie animale et par le sénat et le palais comme une Intransigeante très peu aimante des Arestène. Alors je t’accepte comme ma demi-sœur, je suis même prête à te considérer comme une cousine autant que comme la fiancée de ma sœur. Mais trahit une seule fois la confiance de ma sœur, celle de Calista ou la mienne, et je te promets simplement que par mon devoir envers Lesbos, tu envieras le sort qui était le miens auprès de ses barbares en comparaison du tiens et que par mon amour pour ma sœur, Cassiopée elle-même ne pourra te sauver de ton sort."

Je bois une gorgé de ma coupe paisiblement. Mon avertissement été claire. Atalante était une guerrière, et justement, sans doute comprenait elle dés lors que je pouvais être une grande alliée, comme je pouvais être sa plus tenace ennemie. Mais alliée comme ennemie, notre combat ne serait pas sur un champ de bataille, mais sur cœur de notre peuple.

"Je suis désolée d’avoir cassée l’ambiance Cassandre. Soit certaine que je suis actuellement heureuse pour toi, pour vous deux, mon cœur est emporté par votre amour, mais ma raison, maudite soit elle, ne peu s’empêcher de crier garde. Je te promets de ne plus la laisser autant s’exprimer désormais. Calista ? Tu as du jus de tomate sur le coin de ta lèvre."

Je passe amoureusement mon pouce sur la bordure de sa lèvre. Cela me faire rire, Calista devait se souvenir qu’à une époque, c’était elle qui mangeait tellement vite que les domestiques étaient obligé de nettoyer le sol derrière elle après les repas.

"Et toi justement alors ! Expliques-nous ! D’abord les domestiques, puis les sénatrices…mais cette ambassadrice semble donc t’importer beaucoup plus ? Suis-je en droit de m’attendre à une autre excellente nouvelle prochainement ?"

Je me tourne vers Atalante :

"Les guerrières lui donne toujours un surnom sulfureux ? Quand j’étais partie, c’était « la princesse novice »."

Je devais étonner, à passer ainsi d’un sujet sensible à un sujet plus amusant. Mais n’étais-je pas reconnue comme étant la princesse la plus apte à manier les mots et les comportements ?

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MessageSujet: Re: Un diner presque parfait (pv Callia, Calista, Cassandre & Atalante)   Mar 10 Aoû - 21:19

J’avais répondu avec cette même tendresse dont je faisais preuve, à l’égard de mes sœurs depuis toute petite, à Cassandre, lui offrant un sourire radieux, complice, émue de la voir si rayonnante de bonheur ce soir. En ces yeux toutefois, j’avais cru lire également autre chose. Peut être de la crainte ? Une angoisse ? Je ne pouvais que la comprendre, son choix n’avait pas du être simple, et à vrai dire, secrètement, en mon fort intérieur, je soupçonnais ma sœur de ne pas avoir fait elle-même ce choix, de sa propre volonté. Mais je n’étais pas à ce diner, pour envenimer la situation, déjà tendue, brulante. Je reprenais ma place, aux côtés de Callia, dont la présence m’apportait tant, heureuse de la voir de nouveau parmis nous, pour écouter ensuite cette guerrière, arrogante, si sur d’elle, plaçant sa confiance en ses capacités, ses talents, comme ci rien en ce monde ne saurait lui résister. Pour ma part, si l’idée de régler mes comptes ce soir, m’avait réellement traversé l’esprit, j’adoptais finalement une tout autre attitude. Ce soir, je ne serais pas uniquement cette princesse, connue pour son appétit gargantuesque pour les fières et belles Amazones, ainsi que les ambassadrices étrangères, mais plutôt comme la princesse digne et mature, apte à prendre d’importantes décisions, et à se tenir à une ligne de conduite, à des choix, murement choisis, pensés…

"- C'est un plaisir de te revoir..."

"Ravie que tu ais ce plaisir Atalante"

Mon ton était resté neutre, lisse, ne laissant paraître aucune amertume. Je l’observais, sans détour, tandis que je réalisais que finalement, rien ne semblait avoir changé chez elle. Elle semblait se moquer de l’importance de ce diner, de cette soirée, alors que j’espérais tant pouvoir partager enfin, un vrai diner de famille, maintenant que nous étions toutes réunies. J’avais toujours eut ce besoin vital, d’être entourée de mes sœurs, d’avoir ce lien si puissant, si intime avec elles, que j’éprouvais sur le moment, un pincement au cœur, en voyant Atalante prête à tout faire voler en éclat. Mon regard ne faillit pas, soutenant le siens, affirmant là un caractère que je ne montrais que trop peu. J’étais consciente de l’image que l’on pouvait avoir de moi, et finalement, cela ne me dérangeait pas. J’assumais entièrement le fait d’être une Amazone assez insouciante, peut être naïve, aimant profiter de la vie, des plaisirs que celle-ci pouvait m’offrir. J’avais la chance d’être née sur une île merveilleuse, à l’abri de la barbarie des hommes, je n’allais pas me gâcher la vie pour une Amazone qui n’avait de cesse, de me taquiner, de tenter avec moi une joute verbale, ou pire encore…

"- Est-il utile de préciser que je suis enchantée d'être parmi vous ? Cassandre vous aime tellement toutes les deux... j'espère que nous nous entendrons mieux, à présent..."

Je restais sans voix, manquant de m’étouffer tandis que ma bouchée restait coincée dans le fond ma gorge. Qu’insinuait-elle par cette phrase ? Que maintenant qu’elle avait courtisé, charmé Cassandre, elle pouvait se permettre de se mettre à notre niveau, notre hauteur ? Un seul mot résonnait en mon esprit : perfidie. Amère sensation d’avoir été manipulé, d’avoir été trahit. Atalante pouvait toujours espérer oui, ce ne serait certainement pas de cette manière, qu’elle gagnerait ma sympathie, encore moins mon affection. Callia pour sa part, exprimait très clairement son point de vue. Dégustant les mets délicieux proposés ce soir, pour ce diner, je l’écoutais alors silencieusement, ou du moins presque entre deux bouchées gourmandes, appréciant de voir que ma grande sœur, n’avait pas été totalement dupe, comme je pouvais le craindre…

Comme Callia, je souhaitais profondément et sincèrement, le bonheur de ma petite sœur. Je rêvais qu’elle eut enfin trouvé une épouse digne d’elle, de sa personne, l’Amazone exceptionnelle qu’elle était, et qu’ainsi, sa vie serait bercée d’un soleil et d’un bonheur parfait. Cependant, j’avais beau croisé mon regard régulièrement avec celui de la convive face à moi, je ne pouvais croire à ce rêve, en compagnie de cette guerrière rustre et sauvage. Heureusement, je n’avais pas encore perdu mon appétit, et pour le coup, j’en voulais presque à Callia, de m’avoir faites placer ici. Je restais perdue entièrement dans mes sombres pensées, bercée par un brouhaha qui me semblait toujours plus lointain, tandis que Callia continuait à s’entretenir avec Atalante, dégustant pour ma part, une délicieuse et onctueuse tomate. Ce fut le pouce de ma sœur, déposé sur mes lèvres, qui me sortit soudainement de ma torpeur…


"Et toi justement alors ! Expliques-nous ! D’abord les domestiques, puis les sénatrices…mais cette ambassadrice semble donc t’importer beaucoup plus ? Suis-je en droit de m’attendre à une autre excellente nouvelle prochainement ?"

Je plongeais mon regard doux et affectueux dans celui de ma grande sœur, tellement heureuse de pouvoir partager, de nouveau, des moments avec elle, avant de tourner mon visage vers Atalante, croisant mon regard au sien, sans faiblir. Bien sur, je me doutais que je ne ferais jamais grande impression à ses yeux, et que je devais même certainement lui paraître insignifiante, risible, pour ne pas dire pire, mais j’avais décidé de ne pas devenir son souffre douleur. C’était ma famille, pas la sienne…

"Je préfère évoquer ma vie privée, si cela ne vous dérange pas Callia et Cassandre, en famille. Je serais heureuse d’en parler plus longuement avec vous, mais pas ce soir, pas ici. "

Portant de nouveau la tomate déjà bien entamée, à ma bouche, je croquais dedans avidement, comme pour passer mes nerfs dedans, coupant cours ainsi à toute discussion à ce sujet, ne laissant par d’autre alternative, que de continuer la discussion, sur autre chose. Et lorsque Callia interrogea Atalante, sur les éventuels surnoms que l’on pouvait me donner en la caserne, ou sur le champ de batailles, parmis les guerrières, je grimaçais amèrement, peu enchantée par ce qui se voulait surement, de la part de Callia, une façon anodine, de faire retomber la lourdeur, la froideur de cette ambiance…

"Il a toujours été plus aisé de juger, de se moquer, ou de donner des surnoms, que de prendre le temps et la peine de connaître les gens."

Et ça valait aussi pour Atalante. J’étais dans le même cas elle à vrai dire. Je n’avais jamais prise le temps de la connaître. Le peu d’informations que j’avais eu à son sujet, le peu que j’avais découvert par moi-même, m’avait suffit, et avait stoppé net toute envie d’aller plus loin encore. Certes, toutes les Amazones ne pouvaient s’apprécier les unes et les autres, vivre main dans la main, en ces Champs Elysées que pouvaient être notre île. Et pour le coup, je trouvais réellement cette guerrière, pourtant renommée, vraiment antipathique. J’aurais préféré finalement voir Cassandre, au bras de Calypso. Je continuais à manger, étant la seule d’ailleurs visiblement, maintenant que je faisais un tour d’horizon de la table, affichant cette mine boudeuse…

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Atalante Cerca
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MessageSujet: Re: Un diner presque parfait (pv Callia, Calista, Cassandre & Atalante)   Jeu 12 Aoû - 23:24

"- Est il utile de préciser que je suis enchantée d'être parmi vous ? Cassandre vous aime tellement toutes les deux... J'espère que nous nous entendrons mieux, à présent..."

Callia me regarde, affichant un sourire de façade. Calista quand à elle ne cache guère sa défiance envers moi... Je n'ai guère envie de mettre Cassy mal à l'aise mais je me rends compte que ce diner sera tout sauf agréable... Callia nous sert du vin, finissant par ma coupe... Peut être devrais je les laisser boire avant moi ? On ne sait jamais... Je n'ai aucune confiance en ces deux femmes. Si Calista ne m'impressionne guère, je ne connais pas assez C allia pour savoir à quoi m'en tenir sur elle. Je serre doucement la main de Cassy avant de la porter à mes lèvres. Callia se retourne enfin vers moi...

"- Atalante, notre mère va, comme tu dois t’en douter, s’intéresser plus encore à toi désormais. Tout Lesbos va s’intéresser plus encore à toi désormais. Tu es la première Amazone à être fiancée à l’une des filles de la reine."

Je lui rend son sourire.

"- Oh ? Je te remercie de me prévenir... J'ai vécu tellement longtemps dans l'ombre que j'ignore ce qu'est vivre au palais..."

Je ne sais ce qu'elle connait du lien qui nous lie toutes ensemble... Connait elle seulement mes origines ? Ou bien croit elle la fable qu'a inventé Sélène ? Si c'est le cas, l'ironie de mes mots doit lui échapper... Comme l'amertume de ma dernière phrase... Étrange comme ce que l'on désire plus que tout peut soudain devenir votre malédiction si enfin vous l'obtenez... Je voulais avoir une famille et maintenant que j'en ai une, je sens que j'aurai préféré ne jamais révéler mon secret. Je n'aime guère le sourire de Callia. Je n'ai pas vraiment envie de diner en compagnie des sœurs de Cassandre... Je me rappelle l'avertissement de Cassandre : " Callia et Calista sont sans aucun doute furieuses, à des degrés divers et probablement pour des raisons tout aussi diverses. Attends donc à un dîner orageux et des discussions houleuses. Callia est plus pondérée que Calista, mais ne t’y fis pas, car si Calista agit ouvertement, Callia intrigue dans l’ombre." Peut être ces mots sont ils à l'origine de la défiance instinctive que je ressens pour l'ainée des sœurs Arestène...

"- Aussi est il nécessaire de te saluer, Atalante Cerca Arestène, fiancée de ma jeune sœur Cassandre. Et de te remercier, car grâce à toi, j’espère bien voir en notre sœur aimée, un comportement digne de la future reine qu’elle risque d’être. Et toi Cassandre, ma sœur, je te remercie de m’offrir aussi beau cadeau que cette nouvelle que j’apprends à mon retour, mère en sera…toute agitée j’en suis certaine. A vous deux donc, puisse les déesses bénir votre union."

Callia lève son verre avant de porter celui ci à ses lèvres, vite imitée par par ses sœurs Je porte lentement la coupe à ma bouche, trempant juste mers lèvres. Le gout du vin sur mes lèvres, je hoche la tête doucement. J'observe sans rien dire... Calista ne me tourne guère le dos. Elle évite inconsciemment tout geste qui pourrait la rapprocher de moi... Assise en face d'elle, je la vois détourner les yeux , évitant mon regard... Je souris doucement, amusée par ce que je devine : Si elle n'est pas effrayée par ma présence, je lui fais peur... L'amertume de nos discussions précédentes et le regret de m'avoir confiée sa sœur doivent aussi beaucoup compter dans son attitude... Amusant ! Le plus drôle dans tout ceci, c'est que finalement, c'est grâce à elle que j'ai enfin obtenu d'être accepté en tant qu'Arestène... Que m'importe que ce soit en épousant Cassy ! Je suis heureuse de l'avoir rencontrée et de lui avoir ouvert mon cœur... Et c'est à la princesse feu aux fesses que je le dois !

"- Merci Callia."

Je l'observe, tandis que je lève mon verre appuyant mon remerciement plutôt bref... Elle a fermé les yeux tout en portant sa coupe à ses lèvres... Son sourire devient soudain plus expressif : Une touche de férocité vient d'apparaitre sur ses lèvres... Avant de disparaitre , chassée par le sourire amical de circonstance... Si Calista essaye d'ignorer ma présence, Callia quand a elle m'observe tout comme je le fait pour elle. Me jauge t'elle ? Assurément, nous ne sommes pas attentives aux mêmes détails. Que voit elle en moi ? Devine t'elle la Louve telle Calypso ? Croit elle voir une guerrière sauvage et stupide comme Calista ? Il faudra que je demande à Cassy ce qu'elle a pensé la première fois qu'elle m'a vue... Je ne suis pas dans mon élément. Je ne suis pas faite pour l'univers feutré de la cour, mais j'ai appris en Égypte à savoir observer. Bénie soit Calypso pour la sagesse qu'elle m'a inculquée ! Ce ne fut point aisée et j'avoue avoir été une élève très peu docile... Mais s'il y a une chose que je sais évaluer, c'est le danger. Le sourire de Callia ne me plait guère. Je sais aussi parfaitement reconnaitre les sourires hypocrites. Toute commandante doit vite apprendre à reconnaitre les personnes fausses parmi ses subordonnées...

"- Merci beaucoup..."

Dans le doute, observe... Voila ce que me dirait Calypso... Je suis le regard de Callia. Il se pose sur les plats devant nous. J'aurais presque pu oublier que nous étions là pour un diner en famille... L'assortiment des plats est appétissant... Mes yeux se posent sur un plat de poutargue (des œufs pochés enrobant des lamelles de muge du Nil), puis sur un autre de melons , je découvre une coupe de fève et de lotus... Mes yeux se posent sur ces merveilles exotiques. Certaines me rappellent l'Égypte et la table des princesses que nous y avons rencontré, d'autre sont simplement les plats les plus recherchés de Lesbos : Poulet au miel, viande de jeune veau aromatisé aux herbes de Santorin... J'ai le cœur serré soudain... Ces princesses savent elles qu'en Égypte nous marchions avec dans le ventre l'infâme brouet que nos cuisinière arrivaient avec grand peine à nous cuisiner , utilisant nos maigres rations comme elle le pouvaient ? Un jour, nous avons du manger du serpent et boire le jus des cactus pour étancher notre soif... Je réprime une grimace... non, je ne donnerais pas à ces enfants gâtées l'occasion de me juger... Je préfère laisser passer, mais au fond de moi, je suis écœurée par la vie dorée des Arestènes. Mes propre quartiers sont austères et dépouillés. J'avoue que je suis un peu responsable de ce fait : J'ai toujours refusé tout privilège par rapport à mes filles... Mais ce luxe, ces dorures et ces richesses qui s'étalent devant mes yeux, m'écœurent... Je lève les yeux vers Cassandre. Elle a l'air si anxieuse, craignant à chaque parole que la dispute qu'elle redoute n'éclate enfin... Je lui souris pour la rassure et j'oublie le commentaire acerbe qui me vient à l'esprit...

"- Maintenant que nous sommes toutes ici, nous allons pouvoir parler de certaines choses. Calista, tu es sans doute la seule à ne pas le savoir puisque Cassandre a du le découvrir assez tôt mais Atalante n’est pas née Cerca, elle est née Arestène. La marque sur son cou, elle l’a depuis la naissance, elle l’a reçu de la sœur de notre mère, notre tante, qui a fuis Lesbos pour l’amour d’un homme."

Ainsi donc Callia savait... Je ne suis guère étonnée. Elle a mon age, ou à peu près... Sa mère a nécessairement du la mettre au courant avant son départ... Le fait qu'elle n'ai pas jugé bon d'avertir Calista ne m'étonne guère : Quelle confiance peut on avoir en une fille qui ne passe guère de nuit sans changer de partenaire ? Si vous voulez que toute l'île sache votre secret, confier le à Calista... Elle diffusera la nouvelle plus vite que la rumeur... Calista ne semble guère intéresser à la nouvelle... Elle m'ignore toujours... Je vois Cassandre se raidir. elle regarde Callia , descellant avant moi le soudain sérieux de sa sœur.

"- Atalante est une guerrière talentueuse, mais mère ne lui fera pas confiance."

Comme si j'avais confiance en elle de mon côté... Qui donc a envoyé cette tueuse pour m'assassiner ? La prisonnière est toujours entre mes mains et je compte bien la faire parler...

"- ... Et excuse moi Atalante si j’insiste, tu es forcée d’avouer que pour une avertie, ton comportement et tes messes basses sur nous, filles légitimes d’Arestène, n’avaient pas vraiment de quoi inspirer confiance à ce que j’ai entendu. Mais si finalement tu as fini par aimer l’une d’entre nous, suis-je en droit de supposer que ton point de vue a évolué ? Ou est-ce une tentative pour toi de te rapprocher d’un pouvoir dont, d’en d’autres circonstances, tu aurais pu en réclamer la légitimité ?"

Le sourire amical n'a pas quitté ses lèvres , mais je goute l'acidité de ses mots... Je la regarde sans réagir... si elle pensais me pousser à nier ou à protester , elle en sera déçue. Je repose le morceau de poutargue dans mon assiette et je souris doucement, laissant la louve en moi poindre sur mon visage... Je comprends que Callia n'en a pas fini avec moi... Les gentillesses et les politesses sont finis, la vipère porte enfin son attaque...

"- Dans la pire des situations -et je dis bien la pire, donc peu probable-, mère pourrait décider de revenir sur sa décision, de déclarer Atalante comme illégitime, fille d’une Amazone exilée donc, par conséquence, te retirer ta citoyenneté si elle te juge trop dangereuse, et rendre vos fiançailles nulles."

Oui... Et moi je pourrais accuser ta précieuse mère de m'avoir fait surveillée des années pour enfin tenter de me tuer cet après midi... J'aurais pu lever une armée de guerrière ivres de rage et convaincre la foule de se rallier à moi... Sois donc rassurée sur mes intentions vénéneuse Callia, j'ai renoncé à ma vengeance... Et les déesses seules savent combien j'étais dans mon droit... Je l'aurais été si les déesses par l'intermédiaire de Cassandre ne m'avaient fait comprendre que certaines choses valent plus que tous les injustices que l'on vous a infligée... Je tourne sans m'en rendre compte les yeux vers Cassy... Je vois son air tendu et je pose ma main sur la sienne pour la rassurer... Non, je ne m'énerverais pas... Je ne ferais pas cette joie à Callia... Et puis, je peux encore me tromper sur son compte, qui sait , Peut être que ses intentions sont pures et innocentes ? Je me rappelle le léger sourire qui a effleuré mes lèvres lorsqu'elle m'a subtilement désigné mon rang au sein de cette "famille" : Lorsqu'elle a choisis nos places et l'ordre dans lequel nous nous servirions, j'ai été reléguée au dernier rang... J'ai bien compris à cet instant que sa volonté de m'accepter n'était qu'une simple expression de politesse gênée....

"- J'ai envie de te faire confiance Atalante…mais comprend moi bien, j’aime ma sœur, plus que moi-même. J’aime Lesbos au moins autant que mes sœurs. Je suis obligée d’éprouver des réserves vis-à-vis d’une illégitime reconnue par ses guerrières comme étant une vraie animale et par le sénat et le palais comme une Intransigeante très peu aimante des Arestènes. Alors je t’accepte comme ma demi-sœur, je suis même prête à te considérer comme une cousine autant que comme la fiancée de ma sœur. Mais trahit une seule fois la confiance de ma sœur, celle de Calista ou la mienne, et je te promets simplement que par mon devoir envers Lesbos, tu envieras le sort qui était le miens auprès de ses barbares en comparaison du tiens et que par mon amour pour ma sœur, Cassiopée elle-même ne pourra te sauver de ton sort."

Mes yeux de louve s'étrécissent soudain. Je ressens le calme froid et distant qui s'empare de moi juste avant une bataille. Non tu n'as pas envie de me faire confiance, Callia... Tu viens clairement de me le dire... Je l'observe, ignorant la main de Cassandre qui serre soudain la mienne. Mon sourire carnassier apparait sur mon visage. Callia croit elle me faire peur avec ses menaces ? J'ai vu l'horreur sur le champ de bataille, j'ai combattu à une contre dix aux côté de Calypso en Égypte, alors ses mots me donnent soudain envie de de commettre l'irréparable par simple défi... Et puis, je m'avise soudain que c'est peut être ce qu'elle recherche... Callia est trop dangereuse pour que je la sous estime et puisqu'elle vient de se déclarer ouvertement comme mon ennemie, je préfère attendre avant de lui répondre... Soudain , je me demande quel a été ce fameux sort et qui ont été ces fameux barbares du sud... Je me rappelle les phrases qu'elle a prononcée tout à l'heure lorsque je lui ai demandé l'identité de ses ravisseurs : "- Des Barbares du Sud, sous doute en expédition. Je préfère honorer la mémoire des guerrières qui ont combattu jusqu’à leur dernier souffle plutôt que de repenser sans cesse à cette disgrâce…Et puis…grâce à Mina et ses amis, nous avons pu nous enfuir, te devrais rencontrer Mina, Atalante, c’est une guerrière remarquable, bien qu’étrangère à nos méthodes de combat, ou aux batailles d’envergure, je l’ai amené ici à Lesbos, je te la présenterai une autre fois si tu le ." Cette histoire me semble soudain bien étrange... Et ses ravisseurs bien mystérieux... Quand à cette Mina , qui est t'elle donc ? J'ai du mal à croire qu'une étrangère soit venue à son aide spontanément... Surtout lorsque je constate qu'elle est ensuite une part intégrante de la suite princière... Je regarde Callia porter ses lèvres à sa coupe et je l'imite machinalement. Le silence règne a table depuis les derniers propos de la sœur ainée de Cassandre. Elle se retourne finalement vers sa plus jeune sœur :

"- Je suis désolée d’avoir cassée l’ambiance Cassandre. Soit certaine que je suis actuellement heureuse pour toi, pour vous deux, mon cœur est emporté par votre amour, mais ma raison, maudite soit elle, ne peut s’empêcher de crier garde. Je te promets de ne plus la laisser autant s’exprimer désormais. Calista ? Tu as du jus de tomate sur le coin de ta lèvre."

Quelle hypocrite ! Elle n'est en rien heureuse de notre union prochaine et son cœur est empli de fiel. Si je n'aime guère Calista, je constate que ce n'est rien comparé à Callia. Je ne touche plus une seule des assiette devant moi, refusant de partager plus longtemps le moindre aliment avec une pareille femme. Si je comprends sa défiance envers moi, elle aurait pu me faire part de ses crainte sans me provoquer ainsi, ou en me laissant une chance de lui montrer que je suis sincère. Je comprend que rien de ce que je pourrais faire ne me permettra de trouver grâce aux yeux des sœurs Arestènes. Une part enfantine et naïve en moi pleure soudain. J'avais tant rêvé de cet instant, de posséder enfin une famille... Une fois de plus, je suis rejetée sans raison. Ma part naïve saigne, la Louve en moi s'apprête à montrer ses crocs. Vaut il mieux être aimée ou crainte ? J'aurai voulu être aimée... Cassandre ne dit rien, serrant ma main jusqu'à me faire mal... Calista ne semble pas remarquer la tension qui existe maintenant entre Callia et moi. Et pourtant celle ci est presque palpable...

"- Et toi justement alors ! Expliques-nous ! D’abord les domestiques, puis les sénatrices…mais cette ambassadrice semble donc t’importer beaucoup plus ? Suis-je en droit de m’attendre à une autre excellente nouvelle prochainement ?"

"- Je préfère évoquer ma vie privée, si cela ne vous dérange pas Callia et Cassandre, en famille. Je serais heureuse d’en parler plus longuement avec vous, mais pas ce soir, pas ici. "

Au moins, les choses sont claires... Calista ne cachera pas son animosité envers moi. Elle me jette un regard dédaigneux... Je me fiche de ses coucheries, mais j'apprécie à sa juste valeur la haute opinion qu'elle a de moi... Je laisse Callia poursuivre son petit manège visant à m'exclure et me rabaisser... Elle se tourne vers moi comme si de rien n'était m'octroyant la place d'une suivante... Callia se tourne vers moi comme si j'étais une amie avec qui elle voudrait partager un bon mot...

"- Les guerrières lui donne toujours un surnom sulfureux ? Quand j’étais partie, c’était « la princesse novice »."

Je ris doucement... Si Callia croit que je vais oublier ses subtiles menaces, elle se trompe... Pourquoi Cassandre ne dit elle rien ? Peu importe, je peux très bien me défendre toute seule. Une idée amusante me vient soudain...

"- Les guerrières donnent toujours des surnoms sulfureux aux princesses... Cela fait partie des choses qui ne changent guère... Mais on ne peut leur en vouloir : Elles nous sont dévouées..."

Inutile d'ajouter au ressentiment de Calista... Je ne me moquerais pas d'elle devant sa jeune sœur.. Pas aujourd'hui...

"- Il a toujours été plus aisé de juger, de se moquer, ou de donner des surnoms, que de prendre le temps et la peine de connaître les gens."

Je me tourne vers Calista... Visiblement elle ne comprend pas ce que je voulais faire en ne répondant pas aux attaques de Callia... La princesse feu aux fesses n'est décidément pas très présente avec nous aujourd'hui... Je fais un signe à une servante. Elle s'approche de nous, mal à l'aise... Si elle n'a pas du nous entendre, elle doit bien sentir la tension qui règne autour de la table. Elle hésite... Je lui fait signe de venir à moi et je fini par me lever pour lui murmurer des instructions à l'oreille. Elle me regarde, surprise... Je le serais à sa place, je crois... Mais peut on refuser quelque chose à une louve ? Je ris doucement en pensant à ce qui va se passer bientôt... Et puis d'ailleurs, si cela se trouve, les deux harpies apprécieront ! Héhéhéhéhé !

"- Fais ce que je dis..."

Elle s'éloigne, obéissant enfin. Je me retourne vers mes belles sœurs qui sont en train de discuter. Je vois les regards de Callia et de Calista qui me regardent de travers. Cassandre semble vouloir me dire quelque chose, mais je l'interromps gentiment , posant mon index sur sa lèvre....

"- Laisse moi parler , mon cœur.. Tu veux bien ?"

Je m'assoie de nouveau, repoussant mon assiette loin devant moi...

"- Je vous remercie pour ce merveilleux accueil... Callia, Calista, je n'aurais pu espérer mieux de votre part... Vraiment, c'est un charmant diner..."

J'imite le ton dégagé de Callia. Mes yeux de louve se posent sur chacune d'elle... L'ironie mordante de mes mots ne doit pas leur échapper... Je montre du doigt les plats délicieux qui se trouvent devant nous...

"- Quelle table remarquable... Vraiment, je n'ai guère eu l'occasion de déguster des mets aussi recherchés..."

Je n'y ai guère touché en fait... Je ne sais si elles l'ont remarqué...

"- Lorsque je combattais en Égypte, il nous arrivais de souffrir de la faim... C'est étrange, vous savez ? On se prépare à avoir soif, on craint de ne plus retrouver d'eau , de se perdre dans le désert et en fait, on connait les affres de la faim... Terrible et dévorante... Nous devions manger une espèce de cafard répugnant... Certaines d'entre nous en tombaient malades... Bien entendu, vous n'avez pas eu à connaitre ce genre de souffrances. vous êtes des princesses après tout, non ? Nous, les guerrières, nous sommes toutes dévouées à nos jolie , précieuse et délicates princesses... Toutes parmi notre bataillon auraient couru à votre secours si vous aviez du souffrir ce que nous avons souffert..."

Je leur souris, refusant de leur montrer à quel point elles ont déçus mes espoirs d'enfant...

"- Quand à moi, j'étais différente de toutes ces filles courageuses et fières... J'étais la réprouvée, celle que l'on avait rejetée... Celle qui n'avait aucune famille pour l'aimer et la réconforter... J'ai grandis seule, abandonnée parce que j'étais le fruit d'une faute qui me dépassait... Mais c'était certainement justice, après tout , j'étais née... Une faute impardonnable, n'est ce pas ? Je n'ai pas connu toutes ces dorures, ces robes sans prix, ces mets délicats et subtils que vous me proposez aujourd'hui... J'avoue même que je n'en avais que faire... Mes rêves étaient plus simples... Je rêvais d'avoir une famille... J'ai longtemps rêvé de cet instant merveilleux où je retrouverais enfin ma famille et où mes cousines m'accueilleraient les bras ouverts, touchées par mon retour parmi les miennes... Soyez donc remerciée de votre gentillesse à mon égard... Je n'attendais que peu de choses et vous venez de m'offrir tellement..."

Mes mots, choisis pour lacérer leur suffisance, coulent dans ma bouche sans la moindre hésitation. Ma voix calme et gracieuse renforce l'ironie mordante qu'ils expriment... Nulle trace de la moindre amertume dans mes mots. Jamais je ne leur accorderaient le loisir de penser que je suis blessée par leurs manières odieuses...

"- Merci donc, de réaliser ainsi mon rêve de la plus fabuleuse des façons... Calista, merci de m'accueillir si gracieusement au sein de ta famille... Callia, je n'oublierais pas tes généreux conseils... Je me sens soudain tellement flattée de vous avoir pour cousines, alors pensez donc , imaginez donc, à quel point mon cœur débordera d'amour , sachant que nous seront bientôt presque sœurs.."

Je regarde Cassandre... Je devine les larmes dans ses yeux... Je pose ma main sur la sienne avant de reprendre :

"- Cassandre m'a tellement parlé de vous ! Elle m'a conté la générosité de sa grande sœur Calista, de son amour pour son prochain. Tu avais raison Cassandre ! Calista est une personne vraiment attachante... Quand à Callia... Combien de fois m'as tu loué sa sagesse et sa bonté... Te rends tu compte qu'en cette heure de liesse elle a quand même trouvé le temps pour me conseiller si gentiment ? Comment pourrais je jamais lui redevoir ce geste si merveilleux ? Elle qui a tant souffert aux mains de ces... De ces..."

Je fais mine de ne plus savoir de qui je parle avant de faire claquer mes doigts d'un geste amusé. mon visage soudain illuminé d'un large sourire, je pointe doucement mon doit vers l'ainée des Arestènes.

"- De ces barbares du sud, c'est vrai ! Fichus barbares du sud... pourquoi n'en ai je jamais entendu parler en Égypte ? Oh peu importe ! ne laissons pas les cruels souvenirs gâcher ces instants merveilleux !"

Je m'apprête à ajouter quelque chose, lorsqu'un bruit soudain nous parvient depuis l'extérieur. Je souris, pleine d'entrain et je lève la main pour rassurer mes hôtes.

"- Ah voici ce que j'attendais. Non, non, ne te lève pas Callia. Je suis la dernière parmi vous, il est normal qu'en temps qu'étrangère au sein de cette famille, je me sente obligée de respecter votre préséance. Quelle délicate façon de me le faire comprendre Callia d'ailleurs, sois en remerciée une fois de plus... . Je vais voir ce qui se passe, tandis que vous pourrez continuer à me couvrir de toutes ces délicates louanges que dans votre pudeur, vous n'avez osé me dire."

Je me lève de table et je me dirige vers la porte des appartements royaux. Que Cassandre s'amuse donc avec ces harpies, moi j'ai ma petite surprise à préparer... J'approche des gardes devant les portes..

"- Votre altesse..."

"- Théséa ? C'est cela ? Théséa Simarys , lieutenante de la garde royale ? "

Théséas sourit flattée qu'une consorte, héroïne Lesbos de surcroit la reconnaisse.

"- Oui Exarque... "

Je pose ma main sur son épaule.

"- Ouvre donc la porte , Théséa ! Ce sont des amies de Cassandre qui viennent fêter ce grand moment avec elle..."

La lieutenante hésite... Je lui souris.

"- Elles ne sont pas armées et je réponds d'elle, tu as ma parole lieutenante ! Et puis, tu peux aussi te joindre à nous avec tes filles, vous êtes toutes les bienvenues."

Mon sourire franc et ma gaité, emporte soudain les réticence de la chef des gardes. Les portes s'ouvrent laissant passer une dizaine de mes filles de garde au palais. la servante a bien fait passer la commission... Je rassemble un groupe de filles hilare et joyeuse, bientôt rejointes par nos gardes et je leur fait signe de me suivre.

"- Suivez moi toute, la fête devra être inoubliable ! Après tout, ce n'est pas toujours que l'on fête le premier mâle d'une archère, non ? "

Nous pénétrons dans la salle à manger devant les regards stupéfaits de mes cousines. Je ne sais ce qu'elles se sont dites durant mon absence, et pour être honnête, je m'en moque. ce diner est mortel et je vais le rendre beaucoup plus amusant !

"- Je suis de retour ! Et pas toute seule comme vous le voyez ! Non Callia, je t'en prie ! Ne me regarde pas ainsi ! Tes gardes se sont jointes à nous pour fêter ce moment unique."

Mes fille s'approchent de Cassandre et l'entourent soudain pour l'arracher à sa chaise et la déposer délicatement sur la table. Je devine la colère qui envahir soudain Callia... Je m'approche de Cassy et mes fille me tende une outre de liqueur. Elles se glissent dans mon dos formant un cercle d'honneur.

"- Cassandre ? Il est de coutume parmi mes archères de toujours fêter le premier mâle tué par une jeune cadette. Elle devient à ce moment , une guerrière reconnue et nous buvons toutes en son honneur."

Je lui tend l'outre pour qu'elle la porte à ses lèvres.

"- A toi l'honneur mon amour ! Ensuite nous boirons toute et nous fêterons ce merveilleux moment pour toi en compagnie de tes sœurs ! Elles doivent être si fières de toi à présents ! En tout cas, moi je le suis !"

Je lui fais un clin d'œil joyeux ! Si ses sœurs sont des harpies, autant faire en sorte que cette petite fête rustique soit inoubliable ! Je me retourne vers mes filles et les gardes :

"- Allons chercher de quoi nous restaurez ! Et n'hésitez pas à vous servir ! Ces mets délicieux nous sont offert par mes sœurs ! Elles souhaitent vous montrer leur grande admiration... Je leur ai tant parlé des souffrances que vous endurez pour le bien de Lesbos ! Tiléa ? Regarde ce plat de poutargue! Tu verras, cela te rappellera l'Égypte ! "

Je prends une carafe de vin et je sers mes filles et les gardes. Chacune tend son verre et je lève enfin le mien, portant un toast :

"-Aux Arestènes ! Qu'elles soient toujours bénies par les déesses !"

La voix de l'assemblée retentit dans la salle à manger :

"- Aux Arestènes !"

J'éclate d'un rire joyeux et j'attrape doucement Calista pour l'embrasser ! Pure provocation ... Elle se recule outrée par mon geste impudent. Je regarde soudain mes deux futures belle sœurs, tandis qu'autour de nous mes filles s'installent. Une musique joyeuse s'élève soudain. Callia ne me pardonnera jamais cette invasion, mais je me serais bien amusée au moins.

" A Cassandre ! Jolie petite princesse délicate, qui m'a charmée et séduite par son caractère emporté ! "

Mes filles répondent vite à mon nouveau toast !
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Cassandre Arestène
Troisième Princesse


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MessageSujet: Re: Un diner presque parfait (pv Callia, Calista, Cassandre & Atalante)   Sam 14 Aoû - 19:35

« Assez ! » M’exclamais-je soudainement en tapant brutalement la table du plat de ma main, assez fort pour m’en faire mal.

Toute ma colère était passée dans ce cri. Tous mes sentiments ombrageux qui s’accumulaient depuis qu’il fut évident que pas une femme de ma parentèle ne feraient un effort pour améliorer quoique ce soit, avaient finalement atteint un tel niveau qu’ils avaient franchis les limites du supportable. J’avais envie d’étrangler mes sœurs, secouer Atalante jusqu’à ce que les dents lui en tombe et flanquer un coup de pied au fesses à toutes ses guerrières qui n’avaient rien faire dans cet endroit familiale et intime et qui pour l’heure l’envahissaient comme un essaim de sauterelles.

« Assez »
Repris-je plus doucement dans le silence qui s’était abattu dans la salle telle une chape de plombs.

Tout le monde avait les yeux fixés sur moi et être le centre de l’attention de tant de personnes m’était pour une fois totalement égale. Elles avaient toutes dépassées les bornes et le pire étaient encore que celles qui étaient les moins coupables à mes yeux soit encore les femmes qui ne faisaient pas partie de ma famille. Au moins celles-ci n’avaient pas eu de mauvaises intentions, leurs présences m’incommodaient mais elle n’était pas la cause.

Je fermais les yeux un instant pour essayer de recouvrer mon calme et ne pas prononcer des paroles malheureuses sous le coup de la colère que j’éprouvais. J’inspirais profondément pour faire muer cette rage débordante en une colère froide, réfléchie.

« Théséa ! » Grondais-je sans ouvrir les yeux.

« Votre Altesse. » Répondit la jeune officier immédiatement.

« Quelles sont les consignes de mère quant aux appartements royaux ? » lui demandais-je.

« Votre Altesse, L’exar… »


« Ma promise n’est pas encore fait des usages du Palais, Théséa, contrairement à toi. »
La coupais-je d’un ton tranchant.

« Je… je suis désolée votre Altesse. »


Je laissais planer le silence un instant devant ces excuses. J’appréciais le fait que la lieutenant de la garde royale ne cherche pas à se justifié d’avantage, prenant la responsabilité de l’incident.

« N’en parlons plus. Conduis tout ce petit monde aux jardins et fait mander des servantes pour qu’elles s’occupent de nos invitées comme il se doit. » Ordonnais-je finalement, ne voulant pas trop accabler la jeune femme.

Elle n’eu pas besoin de se faire prier, les filles d’Atalante semblaient vouloir se faire toutes petites, certaines me lançant de regards chargés d’une crainte respectueuse ô combien différents de ce que nous avions échangées alors que j’étais une novice parmi elles. Cela me peina un peu et j’éprouvais un doux regret à l’idée de savoir qu’à partir de maintenant l’image de la novice Cassy disparaissait de plus en plus.

« Seules quelques servantes triées sur le volet sont autorisées à pénétrer ici. Il y a peu de sanctuaires sur Lesbos où les Arestène peuvent être simplement des mères, des filles ou des sœurs. Cette salle à manger nous permet d’être une vraie famille le temps d’un repas, à l’avenir ne permet pas que cela change Atalante car tu verras toi aussi, quand une couronne aura pesée sur ta tête assez longtemps, que ce havre t’est indispensable. » Informais-je ma fiancée sur un ton neutre quand la porte se fut refermée nous laissant seules.

Je sautais au bas de la table sur mes pieds en ouvrit enfin les yeux, foudroyant tout à tour Callia, Calista et Atalante.

« Vous me décevez toutes les trois. Je vois trois jeunes femmes adultes, trois de mes aînées qui se conduisent avec une immaturité criante et quand je songe qu’il s’agit de mes sœurs et de ma fiancée j’en suis réellement navrée. » Commençais-je avant de fixer mon regard sur Callia.

« Toujours aussi calme et pondérée ma sœur. Je t’ai toujours admiré pour cette sagesse, cette sérénité et ce sens moral qui t’ont toujours caractérisé même si mon propre tempérament fantasque m’attirait parfois tes foudres et ton besoin de me remettre dans le droit chemin à grand renfort de fessées. » Lui avouais-je avant de froncer les sourcils. « Mais je n’ai plus cinq ans ! Je suis une femme aujourd’hui, j’ai passé l’âge me tienne la main dans mes décisions. Si tu crois que je n’ai pas vu clairement dans ton jeu Callia, laisses moi t’informer que les subtilités du langage ne me passes pas au-dessus de la tête comme tu sembles le penser ! Me crois-tu assez niaise pour choisir une épouse avide de pouvoir cherchant à me contrôler pour régner à travers moi ? »

Je m'aperçus que je hurlais et sans cesser de la transpercer avec les yeux, je me forçais à reprendre un ton plus amène.

« Tu étais au Sénat tout à l’heure et je sais pertinemment bien que tu as compris ce qui était sur le point de se passer. Mais je sais aussi que tu as déjà réfléchis au fait qu’elle est à présent une menace neutralisée, que plus aucune de ses revendications au trône ne pourra désormais tenir. Je l’ai pas déclaré comme ma promise par amour mais pour empêcher un désastre, toi comme Calista connaissez tout deux mes aprioris sur le mariage, mais Atalante n’en ai pas moins la femme que j’aime et j’aurais appréciée que tu ne fasses pas part de ta méfiance et de tes menaces sous couvert de paroles de bienvenue qui évidemment ne ferait qu’inciter mon aimée à te considérer comme ton ennemie. Sous tes airs doucereux tu es retorse et malveillante, ma sœur... où sont passés ta sagesse et ta gentillesse? »

Je me détournais d’elle pour me reporter sur Calista.

« Et toi, ma sulfureuse sœur. Aimante et câline, j’ai toujours adorée trouver refuge dans tes bras pour consoler mes petits et grands maux, pour apaiser mes craintes et calmer mes angoisses. Petite, combien de nuit ais-je trouver le chemin de tes couvertures accueillantes où je savais que mes songes ne pourraient être qu’agréables ? Adulte tu m’as fait vibrer en me démontrant que les déesses t’ont offert le plus merveilleux des dons. » Débutais-je d’un ton affectueux avant de reprendre durement. « Mais quand je souhaite te présenter la femme que j’aime, tu la traites avec froideur, comme une étrangère indigne de ton attention. Etait-ce trop demander que tu accordes à ma fiancée ne serait-ce qu’un semblant de chaleur ? En gagnant mon cœur ne penses tu pas qu’elle à moins mérité le bénéfice du doute au lieu que tu la haïsses aussi ouvertement ? Si tu es odieuse envers mon aimée, tu l'es aussi envers moi.»

Je conclus ma harangue en tapant sur la table avec ma main pour souligner mes propos. Puis je tournais la tête vers Atalante.

« Tu m’as obligée à t’épouser mon cœur, mais je t’aimais avant même de réaliser que je serais contrainte de céder cette liberté. Mon affection et mon amour te sont acquis et je sais qu’il en est de même pour toi. Je ne regrette pas de m’être liée à toi et je te fais confiance pour arpenter le chemin de la vie à mes côtés. » Lui dis-je, ménageant une pause pour reprendre sur un ton furieux. « Alors pourquoi es tu incapable de me faire confiance de ton côté ? N’ais-je pas mérité un peu plus d’égard de ta part ? Je voulais t’offrir la famille que tu souhaitais mais tu ne m’as même pas laissé essayer de le faire. Ma déception est à la hauteur des espérances que je portais quant à tes désirs de te faire accepter qui je croyais faire échos au mien. Tu n’as même pas essayé et permet d’émettre de sérieux doutes au sujet de ta bravoure légendaire. Tu es peut-être intrépide face aux ennemis de la nation, mais ici tu as fais preuve d’une couardise sans pareille ! Tu as tellement peur de te retrouver avec des femmes, des sœurs, une famille à aimer que tu saccages tout espoir de te faire aimer d’elles. Callia et Calista se sont montrées odieuses, mais au lieu d’essayer d’arranger les choses tu es sciemment entrer dans leurs jeux... J’ai vu combien cela t’amusait de les faire enrager à leur tour… alors que je t’avais dis combien mes sœurs comptaient pour moi. Ne pouvais-tu pas faire au moins un peu d’effort, mettre un voile sur ton orgueil malmené… pour moi ? Pour nous ? Tu t'es trompé de bataille, Aty... car en acceptant d'affronter mes sœurs au lieu de batailler contre ton instinct de rendre les coups, la seule personne que tu blesses c'est moi. » Finissais-je avec un ton amer.

Je me rendis alors compte que je pleurais ce que j’aurais préféré éviter. Mais ma déception était bien réelle et ma détresse, à voir ma famille être ainsi déchirée par la mauvaise volonté de toute les belligérantes impliquées, l’était tout autant. Du revers de la main j’essuyais rageusement mes larmes de mes joues.

« Je m’attendais pas à ce que vous vous sautiez dans les bras les unes des autres, mais j’étais loin de me douter que vous comporteriez ainsi… j’espérais qu’au moins vous essaieriez... Si mère avait été là, elle aurait peut-être été un peu froide avec Atalante, peut-être circonspecte, mais au moins aurait-elle pris à cœur mon bonheur et elle aurait tout fait pour éviter que je puisse avoir le cœur brisé par des petites pestes dépourvues de plus petite once d’empathie. »

Je croisais leur regard à toutes les trois et me dirigeais vers la porte.

« Je vais dans les jardins rejoindre les guerrières et m'enivrer jusqu’à l’excès et je ne veux pas y voir une seule de vous trois. Étripez vous à loisir ce soir, faîtes vous plaisir… mais je n’adresserais plus la parole à aucune de vous tant que je ne verrais pas au moins un semblant d’entente dans cette famille. »
Les informais-je.

Mon ultimatum lancé, j’ouvrais la porte et sortait, claquant vigoureusement la porte derrière moi.

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Callia Arestène
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MessageSujet: Re: Un diner presque parfait (pv Callia, Calista, Cassandre & Atalante)   Mar 17 Aoû - 16:21

Je cache merveilleusement ma surprise, la cachant par un masque de lassitude. Atalante a somme toute une réaction originale, elle joue mon jeu, bien que le siens est bien plus évident que le miens. Ma réaction ainsi que celle de Calista à sa présence dans notre famille me permet de voir un peu qui elle est, et je ne suis pas déçu du voyage. Cependant je ne m’attendais pas une telle vivacité de répartie.

D’ailleurs, la colère naissait en moi devant son mépris évident et son doute quand à mon absence…et mon viol. Comment osait-elle ! Minah m’avait certifié que mon excuse était valable, les guerres dans le sud de la méditerranée attiraient les barbares et les mercenaires de tout type non ? Comment cette femme pouvait ainsi blesser ma valeur de mes mots ainsi ?

Toutes ses paroles me font reposer mon verre avec dégoût manifeste. Elle nous crache dessus sans se rendre compte que c’est à elle de faire des efforts pour pouvoir être accepté. Et manifestement, elle refuse ainsi d’accepter mes craintes à son sujet. Résultat, ma seule certitude à son sujet est qu’en jouant ainsi si honnêtement, elle ne cherche pas à me duper. Bon point en fin de compte, car cela élimine ma crainte le plus grande, la manipulation. Sauf si bien entendu elle faisait cela en sachant que je voulais la tester et en aurait déduis que se moquer de nous est une solution pour me duper.

Le coup de grâce, sans aucun doute, est la venue de ses guerrières, ici, dans l’intimité de notre palais ! J’étais forcée de constater que c’était là une belle façon d’exploser la situation et d’obliger tout le monde à passer à autre chose, remportant ainsi la victoire. Tu as tord de penser cela Atalante. Tu oublie que je sais me produire devant une assemblée. Veux tu porter le débat à plus haute échelle, tu seras perdante…

"Assez !"

Cassandre, jusqu’ici muette, se dresse et nous foudroie du regard. Tout se passe alors très vite. J’ai commis une grossière erreur, une erreur impardonnable, celui de la considérer comme la grande enfant qu’elle était à l’époque avant mon départ. Excuse-moi Cassandre…

Ma petite sœur prend le contrôle des événements, expédiant les guerrières vers les jardins, y envoyant les servantes. Arrive alors le sermon qui acide et douloureux. Oui j’ai voulu tester Atalante. Oui j’ai voulu la provoquer. Mais tu te trompe ma sœur, ce que je voulais, c’était être certaine de pouvoir lui faire confiance…être certaine qu’elle ne nous veut plus aucun mal. Et étrangement, sa répartie ouverte, qui est de façade de la haine, m’annonce quand dans son cœur, Atalante ne doit pas être mauvaise, car j’aurai agit de la même façon qu’elle je pense, si j’étais à sa place. Même si je n’aurai pas eu besoin des guerrières pour m’assurer le dernier mot.

« Tu étais au Sénat tout à l’heure et je sais pertinemment bien que tu as compris ce qui était sur le point de se passer. Mais je sais aussi que tu as déjà réfléchis au fait qu’elle est à présent une menace neutralisée, que plus aucune de ses revendications au trône ne pourra désormais tenir. Je l’ai pas déclaré comme ma promise par amour mais pour empêcher un désastre, toi comme Calista connaissez tout deux mes aprioris sur le mariage, mais Atalante n’en ai pas moins la femme que j’aime et j’aurais appréciée que tu ne fasses pas part de ta méfiance et de tes menaces sous couvert de paroles de bienvenue qui évidemment ne ferait qu’inciter mon aimée à te considérer comme ton ennemie. Sous tes airs doucereux tu es retorse et malveillante, ma sœur... où sont passés ta sagesse et ta gentillesse? »

Je n’ai pas envie de lui répondre. Non…je ne sais pas quoi lui répondre. J’étais énervée à mon retour. Enervée de constater ses évènements allant du duel entre deux sœurs à l’annonce d’un mariage arrangé pour éviter une catastrophe. Je n’avais pas les yeux partout au sénat, mais j’avais deviné qu’au final, il ne s’était pas passé ce que désirait Atalante. J’en saurai plus avec l’espionne de mère, quand je verrai celle-ci.

Alors que Cassandre s’en prenais à Calista, puis à Atalante, je ne pouvais que réfléchir à tout cela. Peut être…peut être étais-je trop malveillante…peut être n’ais-je pas vu l’amour évident entre ces deux amazones ? Habituée aux masques de la politique. L’amour est étrange…j’aime Minah et elle m’aime, mais je ne peu l’épouser de suite, je dois d’abord faire accepter l’opinion Perse au sénat.

Arrive la prise de position de Cassandre : neutre. Tout dans son droit, elle décide de nous laisser à notre escarmouche et de profiter des guerrières pour s’enivrer. Pardon ma sœur…Tu as raison, mère aurait peut être été moins désobligeante. Je ne sais pas, tu parle de la femme qui ordonna de crever les yeux à une mal qui lui avait mal parlé. Mais je prends à cœur tes larmes.

Je m’aperçois que je suis restée assise. Je me lève lentement une fois Cassandre sortie, le regard sérieux, grave. Je pose mes yeux dans ceux d’Atalante. C’est une animale avec de la répartie. Si elle a autant de fougue pour protéger ma sœur et pour l’aimer, alors soit. Je respire tranquillement, faisant disparaître tout masque, me représentant dans toute mon honnêteté.

"Je te prie de m’excuser, Atalante…je sais que ça n’excuse rien, mais j’ai tant de chose sur lesquelles je dois de nouveau porter attention que je me suis sentie obliger de savoir à qui j’avais affaire. Cassandre t’aime et je le sens dans sa voix, je n’ai pas le droit de remettre en doute votre union prochaine."

Je ne regarde pas Calista, elle aussi doit être quelque peu confuse j’imagine. Je pose mon regard sur le repas. Aimer Atalante sera difficile, mais aux moins doit-elle sentir que je fais un effort là. Je mordille ma lèvre inférieure.

"Il y a, dans ma chambre, les bracelets allant avec ton collier, je te les ferais porter demain dans votre chambre. Je rédigerai une lettre pour mère, pour lui dire que tu fais partie de la famille maintenant…Calista ? Voudras-tu venir me voir après ? J’aurai besoin que tu écrives quelque chose aussi, le messager devra partir des demain s’il ne veut pas rater mère qui viens d’arriver à Athènes."

Je tourne le dos et me dirige vers mes appartements. Dehors, Cassandre semble remettre de l’ambiance. Je suis désolée ma sœur. Je ne me montrerai plus odieuse envers ton aimée. Mais je suis obligée de m’en méfier en secret désormais, pour une tout autre raison que qu’une histoire de haine familiale…

En entrant dans ma chambre, je découvre que Minah n’est pas là, elle m’avait avertie qu’elle avait beaucoup à faire cette nuit. Minah mon amour…Je me dirige vers le balcon, posant mes mains sur le rebort de celui-ci. Mytilène est merveilleuse la nuit.

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Calista Arestène
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MessageSujet: Re: Un diner presque parfait (pv Callia, Calista, Cassandre & Atalante)   Mer 18 Aoû - 23:06

Les paroles acerbes de l’Exarque, si fidèlement réputée sauvage, indomptable, ne me laissaient guère émues. Si par cette manœuvre, cette Louve comme elle aimait à se qualifier, avait espérer m’attendrir, ou pire encore, me faire culpabiliser, s’en était ratée. Je restais de marbre, laissant l’invitée dévoiler ce que son cœur semblait lui murmurer, même si honnêtement, en l’occasion, je restais à me demander si cette Amazone, était capable de réellement confier, ce qu’elle pouvait avoir en son fort intérieur. L’appétit, pourtant fidèle allié, s’en était allé, lui aussi, de sorte que je restais là, assise, à contempler ce somptueux banquet, sans connaître l’envie de l’honorer. La conversation ne m’intéressait plus du tout, et c’est bien l’ennui, qui me guettait désormais. Je tendais alors le bras, pour me servir de nouveau une coupe de vin, tentant insidieusement de m’arranger, pour faire passer le diner plus vite. Une fois ivre, peut être arriverais je à rire de cette rencontre ? Et tandis que j’appréciais la douceur de ce délicieux breuvage, j’eus la surprise de contempler l’entrée en scène de guerrières, accompagnant visiblement notre invitée, la future épouse de ma petite sœur. Aussitôt, je recrachais, sous le coup de la surprise, du choc, le vin contenu dans ma bouche, pour saisir la cuisse de Callia, assise à côté de moi…

*Elle ne peut pas faire ça ! Elle ne fait pas ça ! Ce n’est pas possible…*

J’étais stupéfaite, circonspect. Incapable de réagir, dans l’impossibilité de m’exprimer. Ma main serrait plus que de raison la coupe contenant le vin que je m’apprêtais à boire, tandis que je restais silencieuse, hébétée face à cette situation impensable. L’Exarque venait de se permettre d’inviter en notre intimité, tout un groupe de guerrières, outrepassant la politesse, la tradition, et surtout, notre vie privée. Je n’osais plus bouger, ni même respirer, tant la situation venait d’échapper à tout contrôle. Si Callia semblait plus sage que moi, regrettant en l’instant de n’avoir le don de lire ses pensées, j’éprouvais pour ma part une grande colère. L’Exarque, par son acte, violait notre cercle privé. Je ne pouvais deviner, comment mes sœurs analysaient la situation, mais il était évident pour moi, que c’était là une grande offense. Décidément, je ne pourrais jamais comprendre cette Amazone. A moitié tétanisée, je me voyais être soulevée par cette même Louve, recevant même un baiser, qui me répugna tant, que j’en essuyais aussitôt ma bouche, ne me gênant pas pour faire une grimace dédaigneuse à son encontre. Finalement, ne voulant nullement participer à cette démonstration de force, je retournais à ma place, bien décidée à ne pas m’emporter, face à cette Amazone…

Cassandre ne semblait attendre plus longtemps, et si jusqu’ici, elle s’était faite plutôt silencieuse, voulant très certainement se faire une idée de la soirée, sa prise de parole sonna le glas du diner. Je l’écoutais, de toute mon attention, ne la quittant pas un seul instant du regard. Et les larmes que je vis alors couler de ses yeux, finirent de me fendre le cœur. Je restais assise, aux côtés de ma grande sœur retrouvée, agrippant le tissu délicat de sa toge de mes doigts, me retrouvant bien petite, face à la colère de Cassandre, tandis qu’elle dévoilait avec hargne, ses pensées les plus sombres. Entendre prononcer le mot Mère, et voici que je pensais à la Reine, à ma mère, partit de l’île depuis bien trop longtemps. Comme en l’instant, sa présence me manquait. Je sentais, au fil des paroles de ma petite sœur, mon cœur se serrer toujours plus, et bientôt, je ne pouvais plus retenir mes larmes. Posant silencieusement ma coupe, tandis que Callia s’excusait auprès d’Atalante, juste après que Cassandre eut été prendre l’air visiblement, je restais à pleurer, sanglotant le plus discrètement possible, la tête baissée pour ne contempler que mes cuisses, et aussi, les tâches faites sur ma toge pourtant si sublime…

Callia prenait alors congé, et je me trouvais malgré moi, seule avec cette femme. Elle venait de me demander la rejoindre ? Après ce qu’elle venait de dire, à celle qui avait tout chamboulé ? Callia ma sœur, tu pourras toujours m’attendre. N’arrivant point à arrêter de pleurer, oubliant ma fierté, cette envie de ne montrer à cette Louve, mes faiblesses, je restais assise là, silencieusement, sanglotant, la tête baissée, essayant en vain de retrouver une respiration calme, paisible. Finalement, après quelques longues minutes, je me décidais enfin, à laisser entendre ma voix, casser par l’émotion, par la douleur…

"Je savais que ça finirait comme ça… je ne voulais pas venir à ce diner…"

Essuyant quelques larmes d’un revers de main, aussitôt remplacées par d’autres, je demeurais ainsi, laissant à Atalante, une image bien peu glorieuse de la princesse que j’étais. Elle avait exprimé, montré clairement son opinion à notre sujet, et je ne me sentais plus la force de l’affronter…

"Tu as toujours eu ton opinion sur nous… basée uniquement que sur des aprioris… tout comme moi vis-à-vis de toi. Tu n’as jamais cherché à t’intégrer parmis nous. Tu es venue ce soir en conquérante, et tu as gagné oui Atalante Arestène, Exarque de Lesbos. Je te félicite pour cette victoire."

Mon cœur en prenait un coup supplémentaire. Pourtant, je n’avais prononcé aucune parole avec méchanceté ou colère, mais plutôt avec résignation. Je restais profondément peinée par le départ, les paroles de Cassandre, par le départ de Callia, par ce diner entièrement gâché. Si j’étais connue pour être parfois, une princesse peu mature, j’avais toutefois espéré un diner parfait. Revoir Callia m’emplissait de bonheur, et voir Cassandre heureuse également. Pourtant, je me devais d’avouer que son choix m’avait bouleversé. A vrai dire, jamais je ne m’y étais faites. Je restais, encore maintenant, choquée, surprise, ne comprenant plus le monde qui m’entourait. Les choses changeaient trop vite ces derniers temps. Toujours à contempler ce festin, qui resterait presque intact. En cet instant de désolation, je ne prenais même plus la peine de penser mes mots, de réfléchir à mes paroles…

"Oh oui… si Mère avait été là… jamais tu n’aurais eu la main de ma sœur."

Des paroles qui pouvaient être dur à entendre pour Atalante. J’attrapais alors d’un geste vif et emporté, la coupe posée devant moi, pour boire avec fougue le vin contenu, n’attendant pas pour me resservir, et boire à nouveau le délicieux breuvage, qui aurait tôt fait de me faire tourner la tête…

"Je pensais que les guerrières, savaient s’adapter au terrain, à leur environnement… pourtant… toi… tu arrives ici avec ta hargne comme ci tu te trouvais sur un champ de bataille. "

Enfin, j’osais la regarder. Mon regard n’était plus emplis de dédain, comme auparavant, juste de tristesse, de solitude. Buvant mon verre, laissant à couler un mince filet rouge le long de ma lèvre, qui vint tâcher un peu plus le haut de ma toge, je balançais mon verre sur la table, sans viser toutefois l’invitée assise face à moi, avant de me lever, comme je le pouvais, ayant perdu en stabilité sous l’effet de l’alcool…

"Excuuuuse moi mait’nant… je… jeeee quiitte le champ d’bataille MOI…"

Avançant d’une façon bien maladroite, quelque peu désordonnée, vers la porte demeurée entre ouverte par Callia, lors de son départ, je m’apprêtais également à regagner mes appartements, et espérais surtout, pouvoir me blottir dans les bras doux et aimant de Danaé, ma belle Corinthienne, qui saurait à coup sur, me réconforter comme j’en avais grandement besoin. Mais avant cela, je tournais le visage, une ultime fois, pour regarder l’Exarque…

"Oooooh… j’oubliais… elle va être inouuuuuubliable, ta cérémonie de mariage"

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Atalante Cerca
Guerrière


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MessageSujet: Re: Un diner presque parfait (pv Callia, Calista, Cassandre & Atalante)   Ven 20 Aoû - 21:18

Les mots de Cassandre résonnent dans ma tête... Ses reproches m'ont fait mal et je me sens soudain perdue... Je serre les dents, sentant la colère m'envahir... Comment peut elle me faire cela ? Je n'ai rien fait ! Ses sœurs sont deux atroces mégères qui ne voulaient pas faire le moindre effort pour m'accepter. Alors oui, j'ai pris plaisir à les faire enrager ! Si elles étaient assez vaines pour me traiter ainsi après tout ce que j'ai subit de la par de cette famille, alors oui, j'étais dans mon droit de leur jouer moi aussi un tour à ma façon. Comment Cassandre pourrait elle comprendre ce que c'est d'être une abandonnée, une réprouvée dont on cache l'existence pour dissimuler un crime dont je ne suis que le fruit maudit et non la criminelle ? La haine qui a bercé mon cœur toutes ces années renait en moi comme une vieille amie... La haine... Pourquoi ai je cru pouvoir un jour devenir l'une d'elles ? A l'évidence ces sœurs n'ont que faire d'une encombrante cousine et je serais à jamais celle qui s'est invitée à une table où personne ne la souhaitait... Pourquoi ai je rêvé un jour de ces instants ? Ils sont une comédie tragique qui se moque cruellement de mes blessures... J'aurais dû sceller mon cœur.. Pourquoi les espoirs déçus sont ils plus douloureux que les tourments auquel on a toujours été confrontée ?

Je vois Cassandre nous quitter, pleurant de toutes les larmes de son corps et mon cœur se serre une nouvelle fois... La haine... Les Arestènes... Maudites Arestènes... Pourquoi me suis je imaginée que je pourrais un jour revenir parmi celles qui aurait dû être mes sœurs, mes cousines pour enfin avoir ce qui m'a toujours manqué : Une famille... Bien sûr, je suis coupable aux yeux de Cassandre ! Bien sur, elle n'allait pas se dresser contre ses sœurs à mes côtés ! Je ne suis que sa cousine, un amour dont elle s'est entichée, pas l'une des deux femmes dont elle se sent si proche en vérité qu'elle ne cherche même pas à aller jusqu'au bout de la condamnation de leurs actes... Je me sens trahie, rejetée alors que je sais que je suis dans mon droit ! Qu'ai je fait de si grave ? J'ai renoncé à insulter ces mégères qui m'ont si mal reçue ou à causer une dispute prenant à partie Cassandre ! J'ai renoncé à quitter les lieux , affichant le visage de la dignité outragée : Tout ce que j'ai fait, c'est mettre un terme à cette hypocrisie en invitant d'autres convives bien plus agréables. Si le diner en famille devait être un naufrage, autant montrer à ces deux mégères combien je pouvais me passer de leur amour ! En quoi suis je coupable ? De me défendre lorsqu'on m'assène des coups ? Cassandre aurait elle préféré que je subisse les mesquinerie de ces deux harpies sans réagir ? Désolée, je ne suis pas du genre à prendre des coups sans riposter. Je n'ai pas cherché la guerre entre ses sœurs et moi, pourquoi devrais je être tenue responsable ? Je serre mes points jusqu'à ce que je sente craquer les jointures.... Pourquoi ne peut elle comprendre ce que je ressens ? Suis je condamnée à toujours être la pestiférée en cette famille ? Les déesses seules savent combien je rêvais d'être enfin acceptée pour ce que je suis et non condamnée pour ce que ma mère a fait. Je ne ramperais pas devant elle pour quémander les miettes de l'amour auquel j'aurais du avoir droit... Jamais ! Je ne serais pas l'intruse que l'on tolère à grand peine, je préfère être l'ennemie que de subir l'hypocrisie des harpies Arestènes !

Cassandre est partie, emportant avec elle tout ce qui m'est cher ici... Je sens que je l'ai perdue et mon cœur saigne... Je ne peux pas pardonner à ces deux femmes ce qu'elles ont fait... Je suis tombée dans leur piège : Elles voulaient que je sorte de leur vie où je n'aurait jamais du entrer et elles ont réussi... Que pouvais je faire de toute façon ? Que pouvait faire l'amour éphémère que Cassandre me porte contre les liens du sang ? Je renifle soudain, sentant l'amertume qui gagne mon nez. J'ai un gout atroce dans la bouche... Assez... Je dois m'en aller... Tout ceci n'était qu'un rêve stupide... Je suis seule au monde et je l'ai toujours été... Quand au mariage, ce sera une illusion de plus , j'en suis certaine à présent... Je me détourne, dégoutée par tout le gâchis de mes rêves... Seule, comme la louve qui est en moi l'a toujours été... Je sens mes jambes trembler et mes yeux se posent sur un vase sans prix venu de crête... Oh, je crois que voici qui calmera un peu mes nerfs... Je m'apprête à tendre ma main lorsque j'entends la voix de Callia... Je tourne les yeux vers elle...

"- Je te prie de m’excuser, Atalante…je sais que ça n’excuse rien, mais j’ai tant de chose sur lesquelles je dois de nouveau porter attention que je me suis sentie obliger de savoir à qui j’avais affaire. Cassandre t’aime et je le sens dans sa voix, je n’ai pas le droit de remettre en doute votre union prochaine."

Je la regarde, les yeux plein d'une ironie mordante... Des excuses ? Et puis quoi d'autre encore ? Que croit elle ? Que je suis du genre à pardonner lorsqu'on me fait souffrir aussi cruellement ? Je me fiche bien de ses excuses : j'ai perdu Cassandre... Callia se mord la lèvre. Je devine combien ces excuses lui coûtent... Je regarde la porte par laquelle Cassy est partie... Mes jambes tremblent soudain mais je tente de rester impassible... Je ne veux pas la perdre... Je ne veux pas redevenir la louve aigrie que j'étais. La haine est une vieille compagne rassurante, mais je sais au fond de moi que je pourrais enfin gouter au bonheur... Cassy... Je hoche la tête sans dire un mots, chassant mon lourd ressentiment...

"- Il y a, dans ma chambre, les bracelets allant avec ton collier, je te les ferais porter demain dans votre chambre. Je rédigerai une lettre pour mère, pour lui dire que tu fais partie de la famille maintenant…Calista ? Voudras-tu venir me voir après ? J’aurai besoin que tu écrives quelque chose aussi, le messager devra partir des demain s’il ne veut pas rater mère qui viens d’arriver à Athènes."

Je regarde Callia, un peu surprise... Je me fiche des parures et des richesses mais pourtant , je ne peux m'empêcher de penser au collier qui m'attends dans les appartements de Cassy... J'ai voulu porter un torque ce soir pour ne pas me sentir une autre que la farouche guerrière intraitable... C'était peut être une erreur.... Je n'avais pas vraiment envie de m'entendre avec les sœurs de Cassandre... Elle a raison, je m'en rend compte : J'avais envie de les remettre à leur place. J'étais certaine qu'elles me rejetteraient et je n'ai rien fait pour l'éviter bien au contraire. J'ai accueilli leurs insultes avec un plaisir certain. J'ai gouté à ma haine, c'était un mets si savoureux que je me suis perdue en elle, oubliant l'amour que je porte à Cassy. J'aurai dû au contraire lui donner le meilleur de moi même. j'aurais dû lui laisser me présenter sous un jour différent de celui que j'ai montré aujourd'hui... J'ai voulu faire d'elle ma complice dans la guerre que je souhaitais vis à vis de ses sœurs.. Oui, elles ont été odieuses, mais je n'ai rien fait de mon côté pour ne pas l'être à mon tour... Je hoche à nouveau la tête, regardant Callia dans les yeux...

"- Merci... Je suis touchée... Je voudrais t'offrir quelque chose en échange, mais ma maigre solde d'Exarque ne me permet pas de t'offrir un cadeau aussi somptueux... Je ne peux que m'excuser si je t'ai offensée... Si je vous ai offensées toutes les deux..."

Je me tourne vers Calista, l'incluant dans mes excuses... Je n'ai pas les moyens de m'offrir un collier et des bracelets si couteux... Je me sens un peu mal à l'aise d'accepter ce cadeau, même s'il s'agit d'une offre de paix que je ne peux refuser... Cassy mérite que je fasse des efforts de mon côté si Callia est disposée à les accepter...

"- J'aime vraiment votre sœur... Je ne sais si nous pourrons être amies un jour, mais je ne veux pas qu'elle souffre à cause de nous..."

Je n'ai guère le temps d'en dire plus Callia est partie... Le coup de colère de Cassandre nous a toutes marquée... Je jette un coup d'œil à Calista. Elle s'est assise et boit verre sur verre... Je l'entends marmonner... A t'elle seulement entendu mes mots ? Toujours est il qu'elle pleure en silence... Un geste soudain attire mon regard. Elle a reposé son verre un peu trop vivement... Elle est saoule...

"- Je pensais que les guerrières, savaient s’adapter au terrain, à leur environnement… pourtant… toi… tu arrives ici avec ta hargne comme ci tu te trouvais sur un champ de bataille. "

Je renifle dédaigneusement. Se rend elle compte de son arrogance et de son attitude méprisante envers moi ?

"- Que sais tu des guerrières toi qui n'a jam..."

Je m'interrompt soudain. Elle s'est levée et je la vois tituber... Je ne l'aime guère et elle me le rend bien mais c'est la sœur de Cassy... Je tends la main pour la rattraper si elle chute mais elle l'ignore et se dirige vers la porte.

"- Excuuuuse moi mait’nant… je… jeeee quiitte le champ d’bataille MOI…"

Je la suis. La démarche sensuelle qui est la sienne d'ordinaire n'est plus qu'un vague souvenir. Elle tangue comme une grosse galère mal arrimée... Elle se retourne vers moi avant d'ajouter :

"- Oooooh… j’oubliais… elle va être inouuuuuubliable, ta cérémonie de mariage"

Je grince des dents... Je réprime la remarque mauvaise qui me vient à l'esprit... J'ai fait assez de dégâts pour ce soir... Je m'approche d'elle et je la saisis doucement par la taille pour l'aider à marcher. Elle essaye de se dégager mais je la rassure...

"- Chuuuut ! Je vais juste t'aider à regagner tes appartements... Contrairement à ce que tu pense, je ne te fais pas la guerre..."

Doucement, je l'entraine dans les couloirs de la résidence royale, cherchant ses appartements. Je n'ai pas prêté attention au chemin que nous avons prises Cassy et moi pour venir... Calypso me dirait que je suis une idiote. Fichue éclaireuse que je fais... J'étais perturbée, je crois... Calista se colle contre moi et je m'arrête un instant , hésitant sur le chemin à suivre... Mmmm... A droite, je crois...

"- Tu ne te rends pas compte Calista... Que crois tu que je suis ? Je suis une Arestènes qui n'a jamais eu le droit de connaitre la félicité d'avoir une famille... On m'a tout pris dès ma naissance... Toi tu as vécu une vie douce et agréable tandis que je souffrais tous les tourments de la guerre en Cyrénaïque... Oui, je ne t'aime guère... Comment me jugerais tu si tu étais à ma place ? Tu ne connais rien aux souffrances et aux sacrifices de nos guerrières... Tu vis cette vie de princesse, tu passe ton temps à te trouver de nouvelles amantes que tu entraine dans tes draps de soie tandis que nous luttons chaque jour pour nos vies, suant et saignant dans nos tenues de cuirs..."

Ma voix est douce. Si mes propos peuvent sembler être des reproches, je ne fais que lui expliquer ce qu'a été ma vie...

"- Vous autres les princesses "officielles" vous ne connaissez rien à nos guerrières... Je te l'ai expliqué l'autre jour et tu as fini par l'admettre... Tu m'as envoyée Cassandre et je t'en remercie... Si je la haïssais lorsqu'elle est arrivée, j'ai fini par tomber amoureuse d'elle... Elle a découvert mon identité réelle et elle m'a accueillie dans sa famille... Tu ne peux pas comprendre ce que cela signifiait pour moi... Tu ne peux pas parce que tu as toujours tout eue et que tu ne sais pas ce que c'est que d'être dépouillée de sa famille..."

Nous arrivons devant ses appartements. Je m'arrête, passant mes doigts dans ses cheveux pour la recoiffer... Là, voilà... Au moins les gardes ne se moqueront pas d'elle demain...

"- J'ai toujours rêvé d'être enfin une fille aimée, d'avoir des sœurs, d'avoir un cocon familial qui me donnerait tout l'amour dont j'ai manqué toute ma vie... Je sais à présent que ce rêve était une cruelle illusion... Parce que si je suis remontée contre vous, vous nourrissez de votre côté tant de mépris et de dédain envers moi que rien ne pourra jamais être... "

Pourquoi est ce que je me confie à elle ? Parce qu'elle est saoule ? Normalement je devrais la regarder méprisante et hautaine... Je devrais la laisser se ridiculiser, mais je revois les larmes de Cassy... Si je l'aime, je dois être capable de faire l'effort de ne pas partir en guerre contre ses sœurs qu'elle chérie tant...

"- Cassy a raison, tu sais ? Nous l'aimons toutes... Je ne veux plus voir ses larmes couler sur son visage à cause de moi..."

Je tire la lourde corde devant ses appartements. Ses servantes vont bientôt venir.. Demain, j'écrirais une lettre à chacune d'entre elles... je les inviterais pour m'excuser. Ce ne sera pas un diner aussi riche que celui auquel j'ai été conviée ce soir. Je n'ai pas leur richesse, ni l'armée de servantes qui va avec... mais je ferais ce geste pour Cassy...

"- Tiens, voilà tes servantes Calista... Quand à ton surnom chez les guerrières, s'il est un peu grossier, sache que nulle parmi nous ne le trouve vraiment méchant... Beaucoup le trouve plutôt flatteur, tu sais ? "
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Calista Arestène
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MessageSujet: Re: Un diner presque parfait (pv Callia, Calista, Cassandre & Atalante)   Dim 22 Aoû - 19:59

Je m’étais laissée escorter jusqu’à mes quartiers, titubant moins, grâce au soutient d’Atalante. Si j’avais pu imaginer cette scène ce soir. Mon cœur plus léger, sous l’effet de l’alcool, et je me voyais soudainement plus enclin à écouter l’Exarque. Ses mots résonnaient en mon esprit, s’imprimant malgré moi dans ma tête, y résonnant, avant de trouver un écho attentif. Me tenant à elle alors, j’attendais la venue de mes servantes, tandis que je restais accrochée à celle-ci, la contemplant étrangement, perdue dans mes réflexions, la vision que j’avais de cette femme fortement ébranlée en cette soirée catastrophique. Je repensais alors au départ de Cassandre, sa douleur lisible dans ses yeux magnifiques, suivi de la fuite de Callia, ma grande sœur chérie, revenue à peine parmis nous. Je tentais de me redresser fièrement, voulant me débrouiller seule, le temps d’être rejointe par Médée ou Pénélope, mais hélas pour moi, mes jambes se faisaient capricieuses, et je retombais presque dans les bras de l’Exarque. Elle avait raison, je n’avais jamais rien fait pour l’accueillir comme il se devait. Aurais-je agit à l’identique avec une autre ? Non, certainement pas. Ma tête lourde, tombait sur son épaule, tandis que je restais collée à elle, pour ne point chuter au sol…

"Tu as raison…. Je ne connais rien de toi oui…. Je ne sais pas ce que tu as du endurer Atalante…"

L’alcool pouvait parfois aider à révéler certaines vérités, et il semblait en être le cas ce soir. Je découvrais en ces instants, une nouvelle Atalante, dont je ne pouvais soupçonner l’existence, surtout pas avec tous ces aprioris que j’avais à son encontre. Est-ce de me voir légèrement ivre, qui l’oblige à être plus douce avec moi ? Je me posais la question sérieusement, et je décidais de l’oublier aussitôt. Demain serait un jour nouveau assurément. Je ne connaissais rien à la vie de nos guerrières oui, et je comprenais que trop bien, que certaines pouvaient avoir le même regard que l’Exarque sur moi. Mon bras autour du cou de l’Exarque, m’aidant à me maintenir à elle, et je me surprenais à entortiller affectueusement quelques mèches de ses cheveux entre mes doigts, comme j’aimais à le faire avec mes sœurs, lors de câlins, de moments d’affections partagées…

"Apprend moi la vie d’une guerrière Atalante… montre moi ce qu’endurent celles qui donnent leurs vies pour notre peuple… et je te ferais découvrir que la vie de princesse, n’est pas aussi paisible et insouciante que tu pourrais le croire… laisse moi t’initier à ce que peut être ta vie très bientôt…"

Après tout, Atalante, future épouse de Cassandre, deviendrait également une princesse. Il lui faudrait alors apprendre la diplomatie, le protocole, à recevoir un dignitaire étranger, mais aussi comment se tenir lors d’un diner prestigieux, et toutes ces petites choses que je connais depuis toute petite. Soudainement, je me voyais à sourire, mon regard toujours aussi pétillant. L’idée me semblait géniale. Un échange qui me permettrait de me rapprocher un peu de cette Amazone sauvage, sans devoir l’affronter en pleine arène devant ses troupes fidèles. J’entendais alors quelques pas venant en notre direction. La porte de mes appartements s’ouvrait enfin, laissant voir Pénélope entièrement nue, le regard embué par le sommeil…

"Altesse ?"

Son regard se posait sur l’Exarque, exprimant toute la surprise devant cette scène incongrue. Pour ma part, je me contentais d’un sourire satisfait, glissant mon bras libre autour du cou de ma servante pour me laisser glisser dans ses bras. Je sentais aussitôt son bras venir glisser autour de ma taille, pour assurer son étreinte sur moi, me supportant au mieux, saluant Atalante d’un petit sourire entendu…

"Attend Pénélope ! "

S’arrêtant à mes paroles, ma servante attendait. Je me penchais alors vers l’Exarque, pour déposer un timide baiser sur sa joue…

"Oublie pas ma proposition Exarque… et rappel la moi demain si j’ai oublié"

Je rigolais alors, amusée, avant de me faire emmener par Pénélope, qui se retournait vers la guerrière…

"Merci Exarque."

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Un diner presque parfait (pv Callia, Calista, Cassandre & Atalante)

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